Un peu de musique, c’est toujours mieux que rien…

Je sais bien que personne ne m’en fait le reproche, mais ça m’embête ce ralentissement de ma production musicale. Il faut dire que l’orchestration du deuxième mouvement est un énorme chantier, surtout après le coup de force du premier mouvement. Les tempi sont plus rapides et l’orchestre joue beaucoup de traits rapides, ce qui signifie en deux mots : beaucoup de notes ! J’ai donc le sentiment de ne pas avancer et c’est un peu décourageant…

Tapis de triolets dans les cordes aiguës
Tapis de triolets dans les cordes aiguës

Bon, dans ce que je vous livre cette semaine, il y a tout de même de bonnes choses. L’ambiance qui s’installe est fine, aérienne et … ambiguë à souhait. Je vous laisse apprécier ça dans ce nouvel export :

Et pour tout savoir sur ce mouvement, ça se passe sur la page habituelle.

Orchestration du «Non Credo», c’est parti !

Comme pour le premier mouvement, j’ai souhaité attendre d’avoir un peu de matière à vous faire écouter avant de publier mon premier export. Mais du coup, j’ai aussi plein de choses à vous raconter ; alors, par quoi je commence ?

Le même orchestre que pour le premier mouvement, mais…

Je n’ai pas tergiversé trop longtemps et j’ai opté pour un orchestre absolument identique à celui de l’Introït. D’abord parce que je commence à le connaître un peu et que ça me fait gagner du temps. Ensuite parce que vu mon niveau technique, il serait mal-venu que je fasse le malin en insérant des clarinettes en la ou des flûtes en sol… Cela dit, ça ne signifie pas que l’orchestre sera utilisé de la même façon. Je compte utiliser l’effectif de façon plus chambriste, c’est-à-dire moins m’appuyer sur les cordes en tutti et les cuivres. non-credo_02Ça donne par exemple ce petit duo de clarinettes accompagnant la première intervention du ténor (voir ci-contre). J’utilise aussi deux solistes tirés des pupitres de corde : un violoniste et un violoncelliste.

Des corrections à tout-va !

Dans le premier mouvement, j’ai finalement fait assez peu de retouches au moment de l’orchestration. Là, c’est un peu différent. J’ai composé le deuxième mouvement deux fois et la deuxième fois, je l’ai fait quasiment sans regarder en arrière, d’un seul souffle. Heureusement d’ailleurs parce que c’est une partition plutôt longue ! Mais du coup, il y a plein de petites maladresses que j’ai volontairement ignorées dans un premier temps. Et ça commence dès l’entrée du chœur, dans les accompagnements de cordes notamment. Ça continue dans la transition vers l’entrée du ténor (d’ailleurs, ça risque encore de bouger).

non-credo_01Je vous signale en passant quelque chose que vous aurez du mal à entendre avec mon export audio : l’accompagnement en glissando de cordes de l’entrée du chœur… Ça, mes petits amis, quand vous l’entendrez pour de vrai, ça devrait vous chatouillez sympathiquement les oreilles…

Bonne écoute !

Et n’oubliez pas qu’on trouve la partition sur la page consacrée au mouvement.

D.R.

L’Introït est orchestré !

… ou plutôt, disons qu’il est disponible en version bêta 2. S’il y en a à qui cette dénomination échappe, qu’ils aillent donc jeter un œil ici : Histoires d’alpha, bêta et RC.

Depuis la bêta 1, il y a quelques modifications importantes :

  • Quelques mesures de la harpe
    Quelques mesures de la harpe

    J’ai remplacé le célesta par une harpe. Ça faisait quelques temps que j’y pensais : le célesta, ça risquait d’être un peu kitsch au milieu de cet orchestra finalement très classique. N’empêche, j’ai dû considérablement réaménager ces interventions, car la harpe est un instrument qui ne s’écrit pas n’importe comment. En particulier, c’est un instrument de conception diatonique. Or, je module beaucoup tout le temps…

  • Accord des trois timbales avant la furie du final
    Accord des trois timbales avant la furie du final

    J’ai fixé le nombre de timbales à 3 et j’ai précisé à quels moments le timbaliers devait les changer de notes. J’ai plutôt choisi des timbales aiguës pour éviter de surcharger le grave et garder de la clarté, même dans les tutti.

  • J’ai pris le temps de relire chaque partie pour vérifier que personne n’allait s’ennuyer trop. Bon, au final, des instruments comme la trompette 2 et le hautbois 2 ont des parties moins intéressantes que leurs collègues mais je me rattraperai dans les prochains mouvements.

Une musique déjà vieille de 3 ans !

Avant de passer au mouvement suivant, faisons un petit bilan. J’ai mis un peu moins de 2 mois pour orchestrer ces quelques 9 minutes de musique. En comparaison, la phase d’ébauche avait duré 3 mois (de juin à septembre 2013). C’est donc un peu plus court. C’est moins difficile, moins décourageant (il n’y a pas beaucoup de retours en arrière) mais pas toujours très exaltant. Cela dit, une fois que c’est terminé, on est bigrement fier : «ça, au moins, c’est jouable !»

J’avais peur de reprendre cette partition : je me demandais s’il y aurait un décalage stylistique important par rapport à ce que j’ai écrit par la suite. J’ai du retoucher un peu la première intervention du baryton, qui me paraissait maladroite mais dans l’ensemble, je ne désavoue pas cette musique, que je continue à trouver simple et efficace.

Je conclus en remerciant la communauté francophone de Musescore : j’ai eu une réponse rapide à toutes mes interrogations ! Vive le logiciel libre !

Et pour écouter et télécharger la partition, ça se passe sur la page consacrée au 1er mouvement.

Et comme d’habitude, je suis preneur de toutes remarques/conseils/critiques.

D.R.

Histoires d’alpha, beta et RC…

Retour du thème initial «avec exaltation»
Retour du thème initial «avec exaltation»

J’ai enfin atteint la dernière mesure de l’Introït : ce qui signifie qu’il existe désormais une orchestration complète de ce mouvement ! Pour qu’on s’y retrouve, et comme la partition est déjà potentiellement imprimable (et jouable !), j’ai décidé donner des noms aux différents exports que je vais effectuer par la suite. Pour ce faire, je m’inspire de ce qui se fait dans le monde du logiciel.

  • Version alpha : c’est l’ébauche, terminée il y a trois ans… Version non jouable.
  • Version bêta 1 : version entièrement orchestrée, en attente de relecture par le compositeur lui-même
  • Version bêta 2 : version orchestrée et correctement mise en page, en attente de relecture par des pairs (autres compositeurs, professeurs de conservatoire, etc.)
  • Version RC (Release Candidate en anglais : candidate à la publication) : version relue, en attente d’une première exécution, à la suite de laquelle des ajustements mineurs pourront être effectués.
  • Version finale (ou 1.0) : version a priori définitive de la partition

Aujourd’hui, c’est donc une version bêta 1 que j’ai le plaisir de vous présenter. Depuis la dernière fois, j’ai orchestré toute la partie finale du mouvement ! Et, sans me vanter, ça sonne déjà bigrement bien ! Je ne me suis privé de rien, même pas de coups de cymbales viriles – d’ailleurs, notez bien la façon dont ils sont placés et vous verrez que j’ai su garder la tête froide…

La prochaine fois, je publierai donc une version améliorée, y compris sur le plan de l’export sonore (je vais essayer de mettre la main sur une grosse caisse et sur une clarinette basse qui tient ses notes…). Peut-être que certains instruments ne seront pas conservés.

En attendant, vous pouvez écouter cette bêta 1 ici :

Où je découvre qu’un passage forte, ça prend du temps à orchestrer

Orchestrer un tutti, c'est beaucoup de notes à saisir...
Orchestrer un tutti, c’est beaucoup de notes à saisir…

J’en arrive à l’orchestration de la partie finale de ce premier mouvement. Et même si je m’astreins à la plus grande sobriété, à une écriture la plus claire possible, j’ai quand même recours à de nombreuses lignes instrumentales en même temps. Et c’est très long à faire… Je me pose plein de questions du genre : «est-ce qu’on entendra cette ligne de flûte ou bien sera-t-elle écrasée par le chœur ?» – «Est-ce que le deuxième hautboïste m’en voudra si je ne le fais pas jouer beaucoup ?…»

Côté audio, les trémolos de cordes dans l’aigu sont désespérément laids, la trompette un peu ridicule, les hautbois un peu vilains… Et les bois ne tiennent pas leurs notes. Bref, ce que vous entendez n’est vraiment qu’un petit avant-goût de la façon dont ça sonnera au final.

Le passage de la «marche du monde» est orchestré et étoffé

Introït_05
Thème dodécaphonique aux violons, joué avec sourdine

J’ai utilisé pour cette partie les sonorités nasales des cuivres bouchés et des cordes jouées au chevalet. Choses que vous n’entendrez pas dans cet export, car… mon synthétiseur ne sait pas les rendre. Tant pis. Ou tant mieux : ça veut dire que vous aurez de nombreuses surprises lors de la première audition publique de l’œuvre (croisons les doigts pour qu’elle est lieu un jour).

J’ai ajouté quatre petites mesures dans cette partie centrale, que je trouvais insuffisamment développée.

La barre des 5 minutes est passée !

Introït_04
«A perdu un pétale» : minimalisme dans l’orchestration

Comme pour la phase d’ébauche, la barre des 5 premières minutes entièrement orchestrées est assez symbolique. L’auditeur a déjà de quoi rentrer dans l’ambiance et se faire une idée de là où le compositeur veut l’emmener. Normalement, à ce stade, on franchit un point de non retour : on ne peut plus arrêter l’écoute sans ressentir un peu de frustration.

Car en plus, je me suis évertué à peaufiner le rendu sonore de ces dernières mesures. Le solo de baryton est soutenu par des cordes en trémolo d’harmoniques, à peine entrecoupés par les doux appels du célesta. Et en passant, la ligne mélodique de ce solo a été remaniée en profondeur. Il faut dire que cette partie avait été déjà modifiée une première fois pour accueillir de nouvelles paroles. Elle était très dissonante, elle l’est désormais un peu moins. La dernière intervention du chœur est accompagnée par les instruments à anches doubles.

À la prochaine et bonne écoute !

-> Partition ici : 1er mouvement : Introït

-> Pour ceux qui veulent écouter directement l’export :

L’entrée du chœur est orchestrée !

Premier tutti du chœur
Premier tutti du chœur

Le chœur a fait son entrée et … tout s’est ralenti. Autant l’introduction avait été assez linéaire (j’orchestrais plus ou moins de deux mesures en deux mesures), autant les passages plus verticaux qui suivent m’obligent à procéder par couches successives : d’abord les cordes, puis les voix, puis les cuivres, puis les bois, puis les percussions. Tout le monde est là ? Oui ? Alors on passe à la suite. Et des fois, on constate en écrivant la suite qu’on n’a pas pensé à tout… Par exemple, il n’y a plus d’articulation dans les cordes à partir de la mesure 44 (les liaisons, les pointés, les lourés, etc.). Oubli qui sera corrigé au prochain passage.

Dans la phase d’ébauche, j’avais donné seulement 4 mesures au chœur pour faire son entrée. Dans un but de rééquilibrage, j’ai ajouté 4 mesures dans le même état d’esprit (sombre et contrapontique) avant l’entrée du baryton. Comme le tempo est lent, ça fait tout de même 20 secondes de plus, ce qui n’est pas négligeable ! Bon, je vais un peu raccourcir le solo de baryton qui suit, alors il se peut que le mouvement n’y gagne pas beaucoup…

Du point de vue sonore, le chœur fourni par ma nouvelle banque de sons (Sonatina Symphonic Orchestra) est à peine meilleur que le précédent ; je vous demande donc d’être indulgents avec le rendu sonore. Heureusement, les cuivres ne déçoivent pas ! Les roulements de timbales ne jouent pas jusqu’au bout de leurs notes. Pourquoi ? Mystère…

On écoute ça ici :

Et la partition se trouve sur la page de l’Introït.

Vite ! Un deuxième export !

Début de l'implacable accelerando
Début de l’implacable accelerando

Je me suis un peu emballé dimanche en postant mon premier export audio de l’orchestration du début du 1er mouvement. Ça n’était pas vraiment prêt… Ce deuxième jet est déjà nettement meilleur, en tout cas sur le plan sonore. Et, tant qu’à faire, j’ai poussé l’orchestration jusqu’à la fin de l’introduction.

Pour le moment, je trouve ça plutôt plaisant à faire, bien moins rébarbatif que je ne le pensais. Bien sûr, il faudra confronter cette partition à la réalité d’un orchestre afin de l’améliorer. Et puis, en la relisant, je me suis rendu compte de quelques maladresses. Comme par exemple du sous-emploi du basson… Le pauvre n’a qu’une intervention à jouer lorsque tous les autres se démènent… Il faudra que je revois ça !

Et pour la partition, comme toujours, vous la trouverez sur la page consacrée au mouvement.

L’orchestration, c’est parti !

Introït_01
L’entrée des violons

Le temps de la réflexion est terminé : je passe à l’action et je mets les pieds dans le plat. Mais avant de placer la première note sur cette partition (quasi) définitive, il me faut faire quelques choix importants.

Instrumentation

D’abord, musicalement, il y a le choix de l’effectif. J’avais d’abord pensé à un orchestre essentiellement resserré sur son pupitre de cordes, en traitant toutes les autres interventions instrumentales de manière soliste. Un peu à la façon de Britten dans ses cycles de mélodies pour ténor (Nocturne, Sérénade et Illuminations). Mais, finalement, ces bonnes résolutions sont rapidement tombées et je ne résiste pas à la tentation d’une orchestration plus magistrale. Cependant, je m’impose deux limites.

  • D’abord, l’effectif est celui d’un orchestre symphonique «léger» : bois par deux (avec un contre-basson, une clarinette basse et un cors anglais tout de même) et cuivres en proportions modestes (seulement deux cors, deux trompettes, deux trombones et un tuba).
  • Ensuite, je me promets de faire la chose suivante : une fois que l’orchestration du premier mouvement sera terminée, je vérifierai que tout le monde a quelque chose d’intéressant à jouer. Si je constate que j’ai sous-utilisé un pupitre, je le supprimerai. Je ne ferai pas se déplacer des musiciens pour leur faire jouer des notes tenues, c’est promis.

Le choix du logiciel d’édition musicale

Ce choix est bien plus important qu’on ne le croit. Je me suis résolu à utiliser de nouveau Musescore, c’est-à-dire le même logiciel que pour mes ébauches. C’est un logiciel libre très pratique et facile à utiliser. Il est de type WYSIWYG («What You See Is What You Get» – «Ce que vous voyez est ce que vous obtiendrez»), c’est-à-dire qu’il affiche la partition immédiatement telle qu’elle apparaîtra au final. Sa limitation principale tient dans le fait que les collisions entre objets doivent être résolues par l’utilisateur. Dans les premières mesures, j’utilise une articulation en «louré» sur des portées divisées en deux voix (violoncelles et alti). Je vous laisse imaginer le temps que ça m’a pris pour que rien ne se percute.

À la suite de l’article sur Framablog, on m’a plusieurs fois interpellé sur le fait que je n’avais pas utilisé Lilypond, qui est un peu la rolls-royce dans l’édition musicale libre. Pour vous expliquer en quelques mots, il s’agit d’un langage de programmation qui produit des partitions impeccablement gravées. J’ai appris à l’utiliser lorsque je faisais des arrangements pour la chorale que j’ai dirigée quelques années à Aubervilliers (un exemple de rendu ici). Le rendu est absolument parfait et entièrement automatique. Problème : à utiliser, c’est beaucoup moins agréable (et visuel) que Musescore. Les puristes écrivent directement leur partition en lignes de code. Les autres utilisent des logiciels qui leur simplifient la tâche. J’ai tenté ma chance avec Denemo. Au bout d’une demi-douzaine d’heures de travail acharné à essayer de domestiquer ce dernier, je me suis rendu à l’évidence : si j’utilise ce logiciel, je vais perdre beaucoup de temps avec de la technique. Et ça risque de me détourner de l’essentiel : faire de la musique !

Bref, j’utilise Musescore et j’en suis heureux. N’est-ce pas l’essentiel ?

Le rendu sonore synthétique

Histoire de vous donner envie de continuer à me suivre dans cette étape plutôt technique, j’ai décidé de changer de banque de sons. Pour les ébauches, j’avais utilisé Crisis Soundfont 1.8. Je connais bien cette banque de sons, pour l’avoir utilisé pendant des années. C’est pratique, ça sonne moyennement mais ça fait la blague. La version 3.01 est beaucoup plus lourde et n’est pas beaucoup plus convaincante. Il était temps de changer de crèmerie.

Pour rester dans le libre et gratuit, je me suis tourné vers Sonatina Symphonic Orchestra. Comme vous allez l’entendre, le résultat sonore est bien meilleur. Mais il y a aussi des limitations :

  1. Les tenues des instruments à vent sont bien trop courtes ! On ne me fera pas croire qu’un clarinettiste ne peut pas tenir de notes plus longues que 3 secondes ! Du coup, il faudra que je trouve une ruse plus tard pour avoir des notes tenues dans ces pupitres.
  2. Il y a des notes vraiment laides : le si bécarre aigu de la flûte est spécialement vilain, ce qui fait désordre…
  3. Les tessitures instrumentales sont vraiment limitées, notamment dans l’aigu. Il y a donc des notes qui ne seront pas jouées, dans un premier temps.
  4. Il n’y a pas de jeux en trémolo dans les cordes ! Je triche en utilisant ceux d’une autre banque : Versilian Standards Chamber Orchestra (Community Edition). Qui, eux aussi sont très limités en tessiture !

Donc, le résultat n’est pas parfait est reste assez éloigné de ce que vous entendrez si l’œuvre est jouée pour de vrai. Mais, après tout, tant mieux, non ?

Arrête de parler et fais-nous voir (et entendre) ce que ça donne !

D’accord, d’accord, pas la peine de s’énerver. D’abord, vous trouverez tous les exports (pdf et sons) sur la page consacrée à l’Introït. Mais pour être sympa, cette fois-ci, je vous mets directement les documents dans l’article :

Bonne écoute !

Composé juste sous vos yeux