Début de l’orchestration du dialogue mère-fils

Le baryton et ses motifs ascendants

Avec ce nouvel export, je dépasse enfin la première «colère» du chœur. La première intervention de la soprane est orchestrée de façon chambriste, sans les cordes. L’orchestre s’étoffe de nouveau à l’entrée du baryton. Le motif ascendant répétitif est confié aux cors et au basson. Les cuivres, utilisés avec sourdine, renforcent la noirceur du passage. Je me demande si je ne vais pas étoffer un peu l’orchestration de ce début de mouvement en deuxième lecture : en jouant trop la prudence, je risque de priver l’auditeur d’un beau cataclysme sonore…

Colère : l’orchestration a débuté !

Ça turbine dans les cordes !
Retour à un orchestre au grand complet ! Mais ce sont encore et toujours les cordes qui mènent le bal en ce début de mouvement, comme dans le mouvement précédent. S’ajoutent progressivement les cuivres et les bois les plus graves (contrebasson, clarinette basse, tuba).

Ce qui est sûr, c’est que l’orchestration de ces 9 minutes de musique vont me prendre pas mal de temps : il y a beaucoup de notes et c’est très rapide ! Du coup, en deux semaines, j’ai péniblement orchestré 55 secondes… Pas terrible comme rendement !

Pour l’écouter :
Attention : les solistes hommes sont joués par des bassons et les solistes femmes par des hautbois.

Vite, très vite, un 3ème mouvement orchestré !

Cliquez sur l’image pour télécharger la partition

Comment comment ? Il lui a fallu plus de 4 mois pour orchestrer le deuxième mouvement et voilà le 3ème bouclé en juste une semaine ! Faut-il crier au miracle ? N’exagérons rien.

D’abord, comme je l’ai dit précédemment, je suis en vacances. Du coup, je peux consacrer plusieurs heures par jour à la composition. En temps normal, c’est plutôt entre 2 et 4 heures… par semaine ! Par ailleurs, l’instrumentation de ce mouvement est très très réduite : les bois sont remplacés par … 2 flûtes-à-bec (oui, oui, vous avez bien lu !), pas de harpe et pas de cuivre… Forcément, ça allège ! Et puis, il y a beaucoup de répétitions, ce qui permet de faire des copier-coller. Ajoutons que ce mouvement ne dure que 5 minutes (à comparer avec les 13 minutes du Non Credo)…

En dehors des flûtes-à-bec, il y a un autre instrument qui s’invite dans ce mouvement : un xylophone (joué par le deuxième percussionniste). Ses interventions très rythmiques ne manqueront pas de rappeler aux connaisseurs les symphonies de Chostakovitch. Les timbales sont aussi très sollicitées, histoire de se chauffer un peu avant le 4ème mouvement (eh eh eh !). Quant aux cordes, elles ont encore la part belle, avec cette fois-ci un traitement plus rythmique que mélodique.

La partition se télécharge sur la page du mouvement et pour écouter ce que ça donne, utilisez le lecteur ci-dessous :

Bonne écoute !

L’orchestration du 2ème mouvement est terminée !

Cliquez sur l’image pour télécharger la partition

Bond de géant effectué ces derniers jours dans une espèce d’euphorie joyeuse ! Je suis en vacances et du coup, je consacre à mon requiem pas mal de temps ! J’en ai profité pour terminer d’ébaucher l’orchestration des dernières mesures. Dernières mesures qui ont d’ailleurs été profondément remaniées par rapport aux ébauches initiales. Il faut dire que j’avais un peu bâclé cette partie sur l’autel du «ça ira comme ça». Désormais, ça va encore mieux ! Disons, pour résumer, que la dernière phrase du ténor et le choral final sont soutenus par la pulsation de la partie précédente, ce qui rend plus homogènes les différents épisodes.

Dans la foulée, j’ai directement commencé à corriger la partition, pour la faire passer du stade beta1 au stade beta2 (voir mes explications sur cette terminologie ici).

Un gros morceau

Ce mouvement a été bien plus difficile à orchestrer que l’Introït. Beaucoup de tutti, beaucoup de passages rapides, beaucoup d’arpèges, peu de moments de repos. Et, pour couronner le tout, les instruments à vents sont presque toujours traités de façon solistes, c’est-à-dire presque sans doublure. Toutes ces interventions, qui doivent rendre le discours plus vivant, réussiront-elles à percer la masse orchestrale, souvent assez dense ? Le manque de métier m’oblige à faire constamment des paris…

Du point de vue minutage, la durée reste autour de 13 minutes, ce qui est identique à l’ébauche, et ce malgré les petits remaniements ici et là. Au total, il y a donc déjà 22 minutes prêtes à jouer, soit presque la moitié de l’œuvre totale. Je tiens le bon bout !

Pour écouter un export du mouvement, ça se passe ici :

Attention : la partition est jouée par un orchestre samplé. La ligne de ténor est jouée par un basson.
Pour plus d’information sur ce mouvement et pour accéder aux sources, rendez-vous sur la page idoine.

À vos oreilles !

Ça se calme enfin !

Tiens, un solo de hautbois !

Le long solo de ténor touche à sa fin et sa dernière section est bien plus légère à orchestrer. Jusqu’à présent, on avait un orchestre plus ou moins tout le temps en mode «tutti», ce qui m’a demandé beaucoup de travail. Là, on a des notes répétées au violon 1, un motif ascendant confié aux violoncelles et à la harpe et un petit arpège de flûtes. Fastoche ! Du coup, normalement, les deux dernières minutes devraient être assez rapides à orchestrer ! Ah ah !

Tunnel de ténor

Bigre, qu’il est long ce solo de ténor, à la fin du 2ème mouvement ! Tellement long que je n’en ai orchestré que la moitié en un mois de travail. Bon, c’est vrai que je ne m’y mets pas tous les jours. Et que j’ai fait une pause pendant les deux semaines qui ont suivies le solstice d’hiver. Mais tout de même, c’est long ! Cela dit, je me refuse d’y faire des coupes pour deux raisons :

    Fourmillement dans les vents

  1. Il faudrait que je fasse des coupes de le texte et, à ce stade de la composition, je ne m’y risquerai pas. C’est un coup à réécrire des passages et donc se remettre à la table du compositeur…
  2. Il se passe tout de même pas mal de choses à l’orchestre. Celui qui n’ennuie n’a qu’à se concentrer sur l’accompagnement 😉

Vous constaterez que depuis le mois dernier, le nombre de mesures orchestrées a pas mal augmenté ! Prenez donc le temps de savourez la dernière intervention du chœur («Malheureux !»), dans une ambiance un peu chambriste. C’est sobre mais ça marche, non ?

Quand l’orchestre propulse le ténor

On ne remplit pas toutes les lignes… Sinon le ténor est couvert par l’orchestre !

Deuxième partie de ce deuxième mouvement : le ténor se ressaisit et affirme vigoureusement son «Non credo». Les premières mesures du mouvement sont reprises à l’identique et l’orchestration est quasiment un simple copier-coller. Et puis, rapidement, il faut alléger la texture pour éviter au ténor de s’égosiller. L’orchestre garde son rôle agogique et fait fonction de soutien rythmique à la conduite de la phrase. Trouver le bon équilibre entre orchestre et soliste, voilà un problème que seule l’expérience me permettra de résoudre

Dans les dernières mesures orchestrées, il y avait quelques maladresses harmoniques que j’ai essayé d’atténuer. À vrai dire, je ne m’inquiète pas trop : l’impétuosité du mouvement incite à un peu d’indulgence quant à la rigueur de l’écriture…

Et on peut écouter tout ça en cliquant sur le petit lecteur ci-dessous :

Au cœur du 2ème mouvement

«Ne résiste pas» chante le chœur, sur fond de triolets de bois.
«Ne résiste pas» chante le chœur, sur fond de triolets de bois et d’arpèges de cordes.

Plus j’avance dans l’orchestration de ce «Non Credo» et plus je le redécouvre. Ce mouvement a été composé en dernier et de manière assez linéaire, sans trop de retour en arrière. Du coup, je ne me souviens pas de tout… Je ne sais pas pourquoi mais je ne n’avais pas gardé un très bon souvenir de ces pages réécrites à mon retour en France. Mais une fois orchestrées (et parfois légèrement retouchées), elles révèlent de jolies surprises.

Par trois fois le chœur aura lancé son appel «Viens ! Viens à moi !» et à chaque fois, je l’ai orchestré de façon légèrement différente. Les harmoniques et les glissandi dans les cordes sont toujours là. Mais, pour cette dernière tentative, l’ambiance est plus dépouillée et débouche sur un accord d’ut# majeur joué piano. Dernière caresse avant le réveil du ténor, qui finira par se rebeller face à tant de douceur facile…

Mais ça sera dans un prochain épisode…

En attendant, écoutez-moi ça :

Orchestrer la vie éternelle…

Forêt de glissandi - «Viens à moi !»
Forêt de glissandi – «Viens à moi !»

Grosse avancée de l’orchestration ces derniers jours, notamment à la faveur de quelques jours de congés… Du coup, je me suis arrêté juste après le nouvel appel du chœur («Viens à moi !»), mesures 100 à 104. Comme toujours avec les tutti, c’est toujours beaucoup de notes à entrer. Et là, comme il y a ce jeux de glissandi/harmoniques dans les cordes, ça n’arrange rien.

Un peu plus tôt, je me suis forcé à réharmoniser les vers «si ce n’est dans cette vie, ce sera dans une autre». L’ébauche se voulait étrange mais ne réussissait qu’à être maladroite. L’intervention du ténor qui suit («Qu’en sais-tu ?») est légèrement raccourcie.

(Oui, la fin de l’extrait est un peu brusque… Suite au prochain épisode !)

Une orchestration au service de la séduction

L’«espoir» a la parole. Et chacune de ses interventions va venir caresser, consoler l’Homme qui souffre. Harmoniquement, on a une écriture très tonale, très «pure», c’est-à-dire peu dissonante. L’orchestration doit suivre et renforcer le plaisir sensuel qui doit se dégager de cette partie : beaucoup d’aigus, des cordes soyeuses avec des motifs en triolets ou arpégés, des climax qui restent doux, etc.

«Ce que je peux pour toi ?» - M'aider à corriger mes problèmes d'harmonie, répond le compositeur.
«Ce que je peux pour toi ?» – M’aider à corriger mes problèmes d’harmonie, répond le compositeur.

Des modifications, il y en a quelques unes dans ces dernières mesures orchestrées, notamment à la fin du solo du ténor et au moment où le chœur demande : «ce que je peux pour toi ?». L’esquisse laissait une impression un peu étrange, harmoniquement parlant. Normalement, ça doit couler un peu mieux maintenant.

À noter, pour ceux qui jettent un coup d’œil à la partition (sur la page habituelle) : les parties de vents sont un peu vides, mais je les enrichirai un peu, au moment de la relecture et de la mise en page de la partition.

Côté minutage, j’en suis à 13 minutes orchestrée (en comptant l’Introït), ce qui signifie que j’ai déjà orchestré un peu plus du quart de la partition.

À vous de juger :

Composé juste sous vos yeux