Non credo : c’est fini !

Et de deux ! Deux mouvements finis pour ce requiem hétérodoxe. On peut écouter ça ci-dessous. Et pour la partition, ça se passe sur la page habituelle.


Non credo_v11 (20 janvier 2014)

Plus encore que le premier mouvement, ce «non credo» sonnera beaucoup mieux après la phase d’orchestration (que je ferai seulement après avoir ébauché tous les mouvements).

Ceux qui ont suivi les épisodes précédents ne découvriront ici que les dernières mesures, qui sont d’un classicisme décomplexé ! Kitsch ? Peut-être. Émouvant ? J’espère un peu…

Bonne écoute !

D.

PS : Aujourd’hui, Claudio Abbado est mort. C’était un de mes chefs préférés. Je lui dédis humblement les dernières mesures de ce mouvement.

15 réflexions au sujet de « Non credo : c’est fini ! »

  1. Pour en revenir aux choix du requiem et au texte, est-ce que le requiem est vraiment le genre idéal pour dénoncer la tartufferie ambiante? Comme tu l’a dis, le requiem est une liturgie musicale funèbre, en général pour commémorer la mort de quelqu’un. Si je vais à une commémoration funèbre ce n’est pas pour recevoir une leçon de morale 😀 (qu’elle soit pertinente ou non) ce n’est peut-être pas le le lieu ni l’endroit, ..j’Aurais plutot opté pour l’opéra,.. mais après tout pourquoi pas finalement, c’est vrai que c’est plus original dans un requiem. Un requiem satirique? Pourquoi pas après tout,.. Musicalement parlant, effectivement la texture harmonique me semble un peu monochrome et lacunaire pour le moment mais comme tu l’a dit il ne s’agit que d’une ébauche. Mais pourquoi ne pas déja proposer une harmonie un peu plus ample et remplie dès ce stade? Personnellement pour mes ébauches j’écris sur une portée à quatre partie et la texture harmonique est en générale déja définitive, il ne me reste plus ensuite que l’orchestration. L’orchestration et l’harmonisation sont deux processus séparé chez moi, mais bon la il ne s’agit que de méthode de travail différente. Sinon cette texture lacunaire à un certain charme, cela me fait un peu penser au « tintanabuli » d’Arvo Part, c’est aride oui mais d’une certaine façon assez intense. Je t’encourage en tous cas à continuer, parce que la démarche est au finalement vraiment originale.

    1. «Si je vais à une commémoration funèbre ce n’est pas pour recevoir une leçon de morale» dis-tu. Je suis d’accord (de toute façon on n’aime jamais recevoir une leçon de morale). À ceci près que le texte liturgique est lui aussi moralisateur (à sa façon) :

      Confutátis maledíctis,
      flammis ácribus addíctis,
      voca me cum benedíctis.

      C’est-à-dire :

      Confondus, les maudits,
      aux flammes âcres assignés,
      appelez-moi avec les bénis.

      Vision manichéenne du monde s’il en est…

      Sauf que … je n’avais pas l’intention de donner une leçon de morale. Mais bien plutôt d’exhorter les vivants à relever le front, à se serrer les coudes et à donner un coup de pied dans la fourmilière du prêt à penser. Le résultat est inégal : je pêche par naïveté et par manque de «métier». J’écris trop peu pour écrire bien.

      Maintenant, concernant la musique.
      Tu dis que l’harmonie te paraît parfois un peu creuse. Indique moi où et je me remets à l’ouvrage. C’est exactement ce genre de remarques dont j’ai besoin.

      Au fait, as-tu écouté le premier mouvement ?

  2. J’y vais d’une petite réflection :

    la musique : j’ai vraiment aimé. Le langage serait en gros plutôt tonal mais ce n’est absoluement pas du tout kitch : il y a des vraies idées musicales je trouve. Autant je goûte peu le romantisme musical en général, autant j’ai un faible pour la modulation fréquente (aussi pour les mélanges tonal modal atonal…)

    texte : aïe aïe !… en tant qu’athée, j’ai quelques objections…

    Je vois un problème logique à décrier un dogmatisme pour en proposer un autre à la place. Si tu veux servir les réels pouvoirs en place dans nos sociétés, tu es dans le bon « credo » justement, puisque ceux-ci orchestrent actuellement une cabale visant la religion pratiquée par nos couches françaises les plus populaires autant-que par des pays que nos plutocrates cherchent à contrôler (ce qui est bien pratique). Evidemment je devrait développer mais c’est long…

    Je pense que le fanatisme est très aisé à observer actuellement du côté des écoles d’économie, par exemple à Chicago, ou celles qui déterminent nos choix politiques, ou encore chez ce prix nobel d’économie, Mr Becker, qui défend la thèse suivante : l’aptitude au calcul économique comme manifestation de l’évolution darwiniste de l’humanité… (comme quoi… le Surhomme revient en force!)

    Claude Levis Strauss disait, pas pour rien je crois, que l’Humanisme est un formidable outil pour diviser les Hommes.

    Je t’enjoinds ainsi à la méfiance : un aspect de ton discours a une histoire qui a commencé bien avant ta naissance, à mon avis au moins à l’époque où un ministre français a demandé aux directeurs des écoles d’enseigner surtout la résignation aux élèves (pour palier au recul d’influence des éclésiastes qu’on avait pris soin de chasser).

    Déjà « Les Femmes Savantes » de Molière montraient il me semble à quel point la Raison peut très bien justifier les pires exactions et le pire obscurantisme.

    Je soupsçonne que ta démarche est sincère. J’ai donc envie de dire que dès lors qu’on pense être sur Terre pour autre chose que pour manger et dormir… ça y est : on est croyant! Qui ne croit en rien? Pourquoi se lever le matin sinon?

    Affirmer, comme c’est courant aujourd’hui, qu’il existerait une entité déterminée par une religion, une « communauté », rappelle les plus tristes souvenirs de toutes les Histoires, en plus que d’être du non sens : peut-on assimiler Michael Jackson à Ben Laden (deux musulmans)? Qu’ont en commun Pasolini et le pape?

    Je citerais Thomas Sankara : « La Bible, le Coran, ne peuvent servir de la même manière celui qui oppresse et celui qui est oppressé… c’est pour ça qu’il devrait exister deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. »

    Je fini par une phrase de l’historien Henri Guillemin : « Tout ce qui s’élève converge ».

    A propos de Lumière, l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme précise :

    « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

    1. Bienvenue sur ce site et merci pour tes réflexions !
      Ta réponse est très dense. Je vais essayer de reprendre tout ça point par point.

      la musique : j’ai vraiment aimé. Le langage serait en gros plutôt tonal mais ce n’est absolument pas du tout kitch : il y a des vraies idées musicales je trouve. Autant je goûte peu le romantisme musical en général, autant j’ai un faible pour la modulation fréquente (aussi pour les mélanges tonal modal atonal…)

      Merci pour le compliment ! Pour ce qui est de la définition de mon langage, je dirai simplement «chromatique». En sachant que ça veut un peu tout et rien dire 😉

      Je vois un problème logique à décrier un dogmatisme pour en proposer un autre à la place.

      Justement, je refuse tous les dogmatismes : «rien n’est saint, rien n’est sacré».
      Ou encore : «Doutons de toute chose
      Questionnons le réel
      Interrogeons nos certitudes»

      Quel dogmatisme penses-tu que je défends ?

      Si tu veux servir les réels pouvoirs en place dans nos sociétés, tu es dans le bon « credo » justement, puisque ceux-ci orchestrent actuellement une cabale visant la religion pratiquée par nos couches françaises les plus populaires autant-que par des pays que nos plutocrates cherchent à contrôler (ce qui est bien pratique). Evidemment je devrait développer mais c’est long…

      Ben… Je veux bien que tu développes car le sens de ce paragraphe m’échappe…

      Je t’enjoins ainsi à la méfiance : un aspect de ton discours a une histoire qui a commencé bien avant ta naissance, à mon avis au moins à l’époque où un ministre français a demandé aux directeurs des écoles d’enseigner surtout la résignation aux élèves (pour palier au recul d’influence des éclésiastes qu’on avait pris soin de chasser).

      Mais, je ne prêche pas la résignation ! Je prône la lucidité ! Nos vies étant finies, nous nous devons de les vivre intensément, de leur donner un sens.

      Je soupçonne que ta démarche est sincère. J’ai donc envie de dire que dès lors qu’on pense être sur Terre pour autre chose que pour manger et dormir… ça y est : on est croyant! Qui ne croit en rien? Pourquoi se lever le matin sinon?

      Ah ! Ça c’est une objection intéressante ! Il y a plein de moteurs à mes actions :
      – espérer
      – douter (et se questionner)
      – jouir
      – etc.

      Il y a beaucoup d’ambiguïté autour de l’«espérance». Certains la désignent comme une croyance, comme une foi dans le futur. Comme je suis de nature optimiste, il est vrai que je me heurte à des espérances parfois irrationnelles proches de la croyance. Sauf que si on me demande mon avis, je dirais «j’espère» et non pas «cela doit être» ou «je crois».

      A propos de Lumière, l’article 18 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme précise :
      « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. »

      Freud définit l’état religieux comme une névrose (lire «l’avenir d’une illusion»), c’est à dire un état transitoire qui permet de pallier un manque. Ce paragraphe des Droits de l’Homme est équivalent à celui-ci : «Toute personne a le droit à avoir une névrose».

      Par mon travail, je ne refuse pas aux autres le droit d’avoir des croyances. Je leur dis : attention, ces croyances vous donnent une lecture «édulcorée» du monde et vous empêche d’en saisir toute sa complexité et donc toute sa beauté.

  3. Salut Darffin (je t’appelle par ton pseudo du forum classique) non je n’ai pas encore écouté l’introit, je vais l’écouter et te livrer mes réflexions, sans doute demain. Néanmoins une remarque musicale sur le non credo, au niveau de l’écriture et notamment de l’harmonie que j’ai jugée un peu creuse.

    Par exemple dès le début, cette omniprésence de do doublée à l’octave dès la première mesure? Pourquoi? Quel est l’effet recherché?Est-ce que pour toi le matériel thématique s’incarne dans l’octave, et que de ce fait la présence des ces octaves à une importance stylistique particulière ou bien est-ce que le matériel thématique est plutot porté par la note do et sa répétition lancinante, indépendamment de l’octave? Moi j’aurais abandonné l’idée des octaves que je trouve assez acide, et un peu fade dans ce contexte, par contre j’aurais gardé la répétition du do en tant que cellule thématique mais en « l’enrobant » dans une harmonie un peu plus ample, voila ce que j’aurais fait, j’ai « réecrit » la première mesure et le tout début de la deuxième (j’ai écrit sur quatre portée mais on peut ramener le tout sur les deux dernières portées, et ainsi laisser de l’air dans les premières portées pour éventuellement rajouter un bloc mélodique supplémentaire étant donné que les deux dernières portées procurent un accompagnement satisfaisant, (à jouer lentement); Il ne s’agit que d’une suggestion assez basique du reste, c’est ce que moi j’aurais éventuellement fait cela ne veut bien sur pas dire que c’est la meilleure solution possible, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse que des propositions en fonction du style adopté. Tu suis un plan particulier pour l’enchainement de tes accords? Pour l’enchainement des degrés harmoniques?

    1. Ce début est mal rendu par mon synthé : ce sera des pizz aux cordes (do) et un roulement de percussion bref (caisse claire ou timbale). Tu l’as bien perçu : on installe une pédale et on l’abandonne dès le premier accord de l’exposition du premier thème : fa(ou mi#) + la# + do# qui est un accord mineur très éloigné du do initial. L’effet est acide comme tu le dis très bien.
      L’absence d’harmonie ici est voulue.

      J’ai jeté une oreille sur ta proposition. J’y reconnais le style de la composition que tu m’as fait écouter. En gros, c’est un la mineur avec quelques notes étrangères (le fa au début, le ré et le sol à la fin). Je vais te faire sourire : pour moi, ça n’est pas assez radical 🙂

      Hasard ou pas, les trois premiers mouvements commencent pas une note unique (sib pour l’Introït, do pour le Non credo et sib pour le Scherzo).

      Tu me poses la question de ma progression harmonique. Dans l’Introït, il y a une stratégie (notamment à la fin) pour ramener la tonalité du départ (sib majeur). Dans le non credo, l’écriture est tellement chromatique que j’ai du mal à savoir dans quelle tonalité je me situe. Donc non, j’écris un peu en tâtonnant, en cherchant. Quand ça sonne bien, je passe à la suite.

      1. Oui un la mineur enrichit avec une 7eme mineur une neuvieme etc.. je ne les considere pas comme des notes etrangeres mais comme des notes faisant partie de l accord. mais ok je comprend pour ce que tu veux faire et pour la radicalite de ta demarche. Tu ne concois donc pas ton requiem comme un requiem tonal. (dewole j ecris sur un clavier anglo saxon sans accent etc,..) j ai essaye de faire une analyse harmonique vite fait et en effet on ne peut pas vraiment l analyser tonalement. La pedale de do a evidemment tendance a suggerer une tonalite de do majeur mais assez excentrique etqnt donne le cours des evenements. Si les enchainement ne repondent pas a une logique tonale ils doivent repondre a une autre logique pour ne pas donener l impression d une improvisation. une logique formelle, rythmique dynamique, timbrale, peut importe. Si ce n est pas lharmonie le fil conductdur il doit y avoir autre chose , comme dans le sacre de stravinsky par exemple ou il ya des accords mais pas employe fonctionnellement. ils sont la en tant qu qu agregat rythmique etant donne que c est le (poly)rythme l element structurel essentiel de l oeuvre. Voila ma derniere critique mqlgre l intensite reelle de ce non credo c est que j ai du mal a en deceler la logique interne ne fut ce qu empiriquement. Elle apparait comme une improvisitation exhaltee

        1. Sinon il y a une raison pour laquelle tu n utilise pas d armure a la clef dans l introit? Cela permettrait une meilleure lisibilite et de clarte dans l abondance de diese et de bemol par endroit

          1. Oui et non. D’abord, il y a des parties franchement atonales. Ensuite, mais quand des accords classés s’enchaînent, j’aurais du mal à leur attribuer une tonalité. Il faudrait que je change d’armure toutes les 4-5 mesures : pas très lisible non plus.

        2. Voila ma derniere critique mqlgre l intensite reelle de ce non credo c est que j ai du mal a en deceler la logique interne ne fut ce qu empiriquement. Elle apparait comme une improvisitation exhaltee

          Effectivement, c’est un peu improvisé, presque rhapsodique. On a ça chez Mahler (par exemple dans son Chant de la Terre). Dans ce mouvement, il y a quand même un plan, un peu caché c’est vrai :
          – 1ère partie : jeu entre deux thèmes. Le premier est celui qui est exposé au début : rapide, descendant, exalté. Le deuxième (exposé mesure 10) est un mouvement de balancier aux cordes (calme).
          – 2ème partie : À partir de la mesure 70 (entrée du chœur), on change complètement d’ambiance et la forme vole en éclat. Il y a un épisode rapide assez long puis un final calme reprenant des thèmes déjà exposés.

          La première partie a été simple à écrire : peu d’éléments thématiques, beaucoup de développement sur des motifs simples. Mais finalement, c’est la deuxième partie que je préfère : plus erratique, plus étrange, moins affirmative. Par contre, le texte est assez faible (poétiquement parlant)…

  4. Sinon rapidement en ce qui concerne les textes latins liturgique de la plupart des requiems, il ne faut pas oublier que pratiquement personne ne les comprend (je veux dire parmi les auditeurs-. Il font partie d’une tradition archaïque, il ne faut pas oublier de les replacer dans leur contexte. Je peux aussi te recommander pour t’aider dans ton processus de composition d’étudier pas mal de requiem – outre celui de Delius- pas pour leur texte mais pour leur musique (tu le fais peut-être déja du reste). Le requiem de Fauré par exemple très connu, des requiems très ancien aussi, du XVème siècle par exemple comme celui d’Ockeghem, ou même quelque messe du XXème siècle comme celle d’André Caplet à trois voix http://www.youtube.com/watch?v=Iavb5mnQl9Y pour l’élégance de son écriture et l’économie de ses moyens, avec pourtant un résultat incroyable d’intensité et paradoxalement aussi, de sérénité.

    1. J’écoute énormément de requiems ! Parmi ceux que j’écoute le plus :
      – verdi
      – brahms (requiem allemand)
      – fauré
      – britten (war requiem)
      – delius
      – berlioz
      – mozart/süßmayr
      – cherubini
      – penderecki

      J’écoute aussi des messes, même si là encore les textes sont souvent à pleurer (avec une palme pour le « laudamus te » ou pour le « credo »).

  5. C’est long… mais tu m’en a posé des colles! Désolé si je suis schématique ou mystérieux ou maladroit mais c’est bien difficile de s’entretenir de choses si particulières de but en blanc…

    « Quel dogmatisme penses-tu que je défends ? »

    «il n’est de lumière plus forte que celle de la raison» : Amen ! C’est la lumière qui a brillé très fort à Hiroschima et Nagazaki par exemple. Beaucoup, sinon tous les grands crimes sont commis au nom de la Raison, de la Lucidité. La science a bon dos et est utilisée souvent à mauvais escient : ça ne suffit pas en soit comme garant des libertés. Certaines tribus d’Amérique du Sud n’ont envoyé personne sur la Lune mais ont une connaissance des plantes qui soignerait bien certains de nos concitoyens si notre fonctionnement autoproclamé « rationnel » ne l’empêchait, par les lois de la concurence « libre » et scientifiquement estampillées « économique ».

    Surtout, tu sembles postuler que les croyants n’ont pas de raison, ne réfléchissent pas, peut-être suivant une idée courante en philosophie selon laquelle il suffit de se dire libre pour l’être et où le bonheur est dans chaque tête, indépendament des contraintes immenses qui pèsent sur les populations et les empêchent très concrètement d’agir (aujourd’hui l’esclavage par l’argent, l’omnipotence de l’emploi, rapport à la temporalité fonction des classes sociales : un « précaire » ne peut pas se projeter dans un avenir, même proche; enfin travail des pouvoirs financiers via les médias de masse (qu’ils possèdent, simplement), pour convaincre les populations d’une impuissance et une incapacité à changer l’avenir, par exemple avec le mot « mondialisation » qui à lui seul aujourd’hui, grâce à un travail constant depuis des décénies, implique une fatalité inexorable, loin de tout contrôle humain, tout comme un Deus Ex Macchina, alors que la dérèglementation des marchés, qui est ni plus ni moins ce que recouvre le sophisme, est précisément une construction politique).

    Bref, les athées n’ont pas l’apanage de la raison à ce qu’il me semble, si l’on considèrent leurs décisions politiques, le nombre de guerre qu’ils déclenchent ou déclarent…

    « Si tu veux servir les réels pouvoirs en place dans nos sociétés, tu es dans le bon « credo » justement, puisque ceux-ci orchestrent actuellement une cabale visant la religion pratiquée par nos couches françaises les plus populaires autant-que par des pays que nos plutocrates cherchent à contrôler (ce qui est bien pratique). Evidemment je devrait développer mais c’est long…

    Ben… Je veux bien que tu développes car le sens de ce paragraphe m’échappe… »

    L’allusion est dans l’article suivant un peu plus précise :
    http://www.acrimed.org/article3928.html

    Une cause d’immobilisme social qui me semble forte (vidéo youtube) :
    /watch?v=FFwG6jNBwn0&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb&index=59
    Autre exemple de la possibilité de conditionnement mental chez l’adulte, croyant ou pas : (vidéo youtube)
    /watch?v=ihL2ApLJS7s&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb&index=54
    « ces violences qui s’autorisent de la raison » écrivait Bourdieu… :
    /watch?v=1ehyuqBzbao&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb&index=31
    /watch?v=fC6P47lBoOc&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb

    « Je t’enjoins ainsi à la méfiance : un aspect de ton discours a une histoire qui a commencé bien avant ta naissance, à mon avis au moins à l’époque où un ministre français a demandé aux directeurs des écoles d’enseigner surtout la résignation aux élèves (pour palier au recul d’influence des éclésiastes qu’on avait pris soin de chasser).

    Mais, je ne prêche pas la résignation ! Je prône la lucidité ! Nos vies étant finies, nous nous devons de les vivre intensément, de leur donner un sens. »

    J’avais bien compris ça mais ce que je dis est que l’école laïque dès le départ prêchait la résignation, alors qu’elle se parait du voile de la Raison. J’ajoute que certains aujourd’hui peuvent croire d’autant mieux en Dieu que cela leur fournit une philosophie opposée au matérialisme dominant, au capitalisme (qui en matière d’obscurantisme se porte bien). On trouve de tout partout et un danger est justement l’uniformisation : ta solution pour vivre est très bien mais d’autres peuvent être utiles : certains croient en Dieu, d’autres au jazz…pourquoi pas? Chacun s’approprie ces choses et rien n’est parfois plus différent d’un croyant qu’un autre croyant, d’un athée un autre athée… à l’inverse, une phrase religieuse comme « Fait de ton mieux est un commandement de Dieu » me parle beaucoup alors que je n’ai pas de commerce personnel avec ce genre de sommité divine!

    « Par mon travail, je ne refuse pas aux autres le droit d’avoir des croyances. Je leur dis : attention, ces croyances vous donnent une lecture «édulcorée» du monde et vous empêche d’en saisir toute sa complexité et donc toute sa beauté. »

    Les athées ont monopole sur la complexité? C’est au minimum oublier les inventeurs des mathématiques et de l’astronomie.

    Tu crois que les visions du monde par Michel Ange, François d’Assise, Mozart, Pier Paolo Pasolini ou Théodore Monot ne sont pas belles?

    Crois-tu que Jeanne D’Arc manquait de courage, qu’elle n’a cherché à donner un sens, fort, à sa vie?

    Henri Guillemin, un historien dont on trouve des conférences sur internet, était croyant : ça ne l’empêchait pas de critiquer vertement les pouvoirs de sa propre religion, les pouvoirs de son propre pays, d’avoir un regard très beau sur la vie, d’une précieuse finesse.

    Quoi-qu’il en soit, bon courage pour la suite.

    1. Merci pour cette réponse détaillée. Évidemment, ce serait mentir que de dire que je ne suis pas un peu déstabilisé. Je sens que je vais être obligé de revoir un peu mon texte à certains endroits.

      Tes arguments sont forts mais néanmoins ils sur-interprètent souvent mes propos.

      Par exemple, sur la raison. Ce n’est pas parce que certains utilisent un concept comme étendard pour réaliser des atrocités que le concept est à jeter à la poubelle. Le mot vérité a été beaucoup utilisé par Staline : faut-il abandonner ce concept-là aussi ?

      Ainsi, la phrase «il n’est de lumière plus forte que celle de la raison» est sans doute maladroite/dogmatique mais elle se défend bien :
      – oui les passions, les croyances obscurcissent notre vision du monde, notre connaissance du réel. C’est dans leur nature même. Là non plus, je ne développe pas mais on pourrait trouver plein de choses là-dessus chez Aristote, chez Descartes voire même Badiou.
      – non, je ne prétends pas partir en croisade au nom de la raison et demander que chacun abandonne ses croyances et autres névroses, chacun fait comme il en a besoin. Mais je ne pense pas me tromper en disant que le créationniste qui crois que le monde a 4000 ans a une vision plus étriqué du monde que celui qui a étudié le Big Bang et l’évolution des espèces sur Terre. La raison est une lumière, c’est-à-dire un outil de connaissance, rien de plus.
      – c’est une lumière forte (la plus forte dis-je) mais pas la seule. Je reconnais que nos passions, nos fantaisies notre offrent une connaissance (une «lecture») de la réalité indispensable. C’est cette approche de la réalité qui nous permet de déceler la beauté par exemple. Mais pour ce qui est de la quête de la vérité, la raison parait un instrument adapté.

      L’allusion au fait que ce «non credo» donne du grain à moudre à ceux qui voudraient stigmatiser les musulmans me semble déplacée. Je ne hiérarchise pas les religions. Et je ne choisis pas mes fréquentations en fonction des croyances des autres. Ce «non-credo» est une expression personnelle dans laquelle beaucoup d’athées se retrouveront néanmoins. Mais par prudence, j’utilise la première personne et je fais chanter un soliste sur tout le début. Affirmer haut et fort son athéisme, c’est encore très subversif de nos jours et je comprends que ça puisse gêner. Pour que les choses soient définitivement claires, je fais partie de ceux qui se foutent complètement des questions d’identité nationale et/ou culturelle ! Du moment qu’on me permet d’être athée et de le dire haut et fort…

      Évidemment, je te rejoints sur ta critique du capitalisme, cause première de l’anéantissent de tout épanouissement personnel d’une grande partie de la population. Du coup, je suppose que tu seras plus convaincu par le texte du 4ème mouvement (la colère de l’Homme), non ? Si tu ne l’as pas déjà lu, tu peux le trouver ici : http://un-requiem-athée.fr/les-textes/

      Je serais intéressé de lire tes critiques sur les autres textes.

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