L’orchestration, c’est parti !

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L’entrée des violons

Le temps de la réflexion est terminé : je passe à l’action et je mets les pieds dans le plat. Mais avant de placer la première note sur cette partition (quasi) définitive, il me faut faire quelques choix importants.

Instrumentation

D’abord, musicalement, il y a le choix de l’effectif. J’avais d’abord pensé à un orchestre essentiellement resserré sur son pupitre de cordes, en traitant toutes les autres interventions instrumentales de manière soliste. Un peu à la façon de Britten dans ses cycles de mélodies pour ténor (Nocturne, Sérénade et Illuminations). Mais, finalement, ces bonnes résolutions sont rapidement tombées et je ne résiste pas à la tentation d’une orchestration plus magistrale. Cependant, je m’impose deux limites.

  • D’abord, l’effectif est celui d’un orchestre symphonique «léger» : bois par deux (avec un contre-basson, une clarinette basse et un cors anglais tout de même) et cuivres en proportions modestes (seulement deux cors, deux trompettes, deux trombones et un tuba).
  • Ensuite, je me promets de faire la chose suivante : une fois que l’orchestration du premier mouvement sera terminée, je vérifierai que tout le monde a quelque chose d’intéressant à jouer. Si je constate que j’ai sous-utilisé un pupitre, je le supprimerai. Je ne ferai pas se déplacer des musiciens pour leur faire jouer des notes tenues, c’est promis.

Le choix du logiciel d’édition musicale

Ce choix est bien plus important qu’on ne le croit. Je me suis résolu à utiliser de nouveau Musescore, c’est-à-dire le même logiciel que pour mes ébauches. C’est un logiciel libre très pratique et facile à utiliser. Il est de type WYSIWYG («What You See Is What You Get» – «Ce que vous voyez est ce que vous obtiendrez»), c’est-à-dire qu’il affiche la partition immédiatement telle qu’elle apparaîtra au final. Sa limitation principale tient dans le fait que les collisions entre objets doivent être résolues par l’utilisateur. Dans les premières mesures, j’utilise une articulation en «louré» sur des portées divisées en deux voix (violoncelles et alti). Je vous laisse imaginer le temps que ça m’a pris pour que rien ne se percute.

À la suite de l’article sur Framablog, on m’a plusieurs fois interpellé sur le fait que je n’avais pas utilisé Lilypond, qui est un peu la rolls-royce dans l’édition musicale libre. Pour vous expliquer en quelques mots, il s’agit d’un langage de programmation qui produit des partitions impeccablement gravées. J’ai appris à l’utiliser lorsque je faisais des arrangements pour la chorale que j’ai dirigée quelques années à Aubervilliers (un exemple de rendu ici). Le rendu est absolument parfait et entièrement automatique. Problème : à utiliser, c’est beaucoup moins agréable (et visuel) que Musescore. Les puristes écrivent directement leur partition en lignes de code. Les autres utilisent des logiciels qui leur simplifient la tâche. J’ai tenté ma chance avec Denemo. Au bout d’une demi-douzaine d’heures de travail acharné à essayer de domestiquer ce dernier, je me suis rendu à l’évidence : si j’utilise ce logiciel, je vais perdre beaucoup de temps avec de la technique. Et ça risque de me détourner de l’essentiel : faire de la musique !

Bref, j’utilise Musescore et j’en suis heureux. N’est-ce pas l’essentiel ?

Le rendu sonore synthétique

Histoire de vous donner envie de continuer à me suivre dans cette étape plutôt technique, j’ai décidé de changer de banque de sons. Pour les ébauches, j’avais utilisé Crisis Soundfont 1.8. Je connais bien cette banque de sons, pour l’avoir utilisé pendant des années. C’est pratique, ça sonne moyennement mais ça fait la blague. La version 3.01 est beaucoup plus lourde et n’est pas beaucoup plus convaincante. Il était temps de changer de crèmerie.

Pour rester dans le libre et gratuit, je me suis tourné vers Sonatina Symphonic Orchestra. Comme vous allez l’entendre, le résultat sonore est bien meilleur. Mais il y a aussi des limitations :

  1. Les tenues des instruments à vent sont bien trop courtes ! On ne me fera pas croire qu’un clarinettiste ne peut pas tenir de notes plus longues que 3 secondes ! Du coup, il faudra que je trouve une ruse plus tard pour avoir des notes tenues dans ces pupitres.
  2. Il y a des notes vraiment laides : le si bécarre aigu de la flûte est spécialement vilain, ce qui fait désordre…
  3. Les tessitures instrumentales sont vraiment limitées, notamment dans l’aigu. Il y a donc des notes qui ne seront pas jouées, dans un premier temps.
  4. Il n’y a pas de jeux en trémolo dans les cordes ! Je triche en utilisant ceux d’une autre banque : Versilian Standards Chamber Orchestra (Community Edition). Qui, eux aussi sont très limités en tessiture !

Donc, le résultat n’est pas parfait est reste assez éloigné de ce que vous entendrez si l’œuvre est jouée pour de vrai. Mais, après tout, tant mieux, non ?

Arrête de parler et fais-nous voir (et entendre) ce que ça donne !

D’accord, d’accord, pas la peine de s’énerver. D’abord, vous trouverez tous les exports (pdf et sons) sur la page consacrée à l’Introït. Mais pour être sympa, cette fois-ci, je vous mets directement les documents dans l’article :

Bonne écoute !

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