Les textes

Attention : ces textes sont encore soumis à de régulières modifications…
À noter : le texte du 2ème mouvement («Non credo») a été entièrement réécrit. On trouve la version originale sur la page de ce mouvement.

Introït

La mort. Encore.

La rose des Hommes
A perdu un pétale
Emporté par un vent absurde et froid
Toute la rose frissonne
Inquiète et pensive
La mort, encore ?

Que le monde s’arrête de tourner
Que nos vies s’immobilisent
Que tout se taise un instant
Le temps d’une larme encore
Le temps de reprendre courage

Nous cheminerons sans toi maintenant
Que ton souvenir soutienne nos pas
Que nos victoires prochaines
Te soient offertes en hommage.

Salut ! Salut !

Non credo

Le chœur
Viens ! Viens à moi !
Pas une larme
Ne résiste à mes caresses
À mes chants séculaires

L’Homme
J’entends une voix
Envoûtante comme celle d’une mère
Préparant l’enfant au sommeil
Donne-moi ton nom
Toi qui me fais oublier
Jusqu’à mon propre malheur

Le chœur
Donne-moi le beau nom
Du soleil perçant les nuages
Appelle-moi «espoir»

L’Homme
Et que peux-tu pour moi, espoir ?
En ce jour où la mort emporte mon ami
Où sa perte déchire mon cœur
M’obligeant à abandonner
À la tombe injuste
Toutes ces belles années
Que nous avons passées ensemble

Le chœur
Ce que je peux pour toi ?
Je peux t’apporter le plus grand des réconforts
Je t’offre un aperçu du futur
Et je t’annonce que ton ami en fera partie
Car vous vous retrouverez
Si ce n’est dans cette vie
Ce sera dans une autre

L’Homme
Qu’en sais-tu ?
As-tu des preuves ?

Le chœur
Qu’as-tu besoin de preuves ?
Ne sens-tu pas que cette idée
Trouve sa place naturellement dans ton cœur ?
L’Homme bon est élu pour vivre éternellement
Viens ! Viens à moi !

L’Homme
Oui, l’idée s’installe dans mon cœur
L’apaise et le berce

Le chœur
Ne résiste pas
Prends ma main
Je saurais te guider
Marche dans mes pas
Et ton salut est gagné
Viens ! Viens à moi !

L’Homme
Non !
Je ne veux pas de ton réconfort
Je veux souffrir !
Car ma douleur m’ancre dans le monde
Et me fait Homme
Car si j’apprends à dominer ma douleur
Alors ce sera pour moi une énergie formidable !
Une énergie qui me poussera à la révolte
Qui me poussera à construire un monde plus juste

Le chœur
Malheureux !
Mesures-tu bien ce que à quoi tu renonces ?
Il te suffisait de suivre
Le chemin lumineux que j’avais tracé pour toi
Te voilà de nouveau dans l’ombre
Trébuchant à chaque pas

L’Homme
Je trébuche mais je me relève
Et en tâtonnant
Je trace un chemin qui m’est propre
Un chemin que je pourrais défendre
Devant les juges
Que ma morale choisit :
Devant les Hommes
Et devant l’Histoire

Je n’ai qu’une certitude :
Je suis aujourd’hui vivant
Et de cette vie je dois prendre soin
Pour moi, pour mes proches,
Pour ceux qui fouleront cette terre après moi

Je n’ai besoin
Ni d’espoir, ni de croyance, ni de prières
Pour cultiver l’amour des miens
Pour cultiver avec eux
Le grand jardin du monde

Ivresse

Caresse du soleil sur mes joues
Je suis allongée sur le goudron
La tête posée sur un prospectus
Mon portable sonne
Il faut que j’aille travailler
Mes jambes semblent se mouvoir d’elles-mêmes
J’essaie de respirer calmement

Tout tourne autour de moi
Suis-je ivre ?
Je tourne avec la Terre
Suis-je déjà mort ?

Caresse du soleil sur mes joues
Je suis allongée dans l’herbe
J’écoute le vent siffler
Et la sonnerie d’une cloche au loin
Les mains crispées sur le ventre
J’essaie de respirer calmement

Tout tourne autour de moi
Suis-je ivre ?
Je tourne avec la Terre
Suis-je déjà mort ?

La colère de l’Homme

Jour de colère !
Poings qui se serrent !

Homme, vers quels ennemis diriges-tu tes pas ?

Un mort aujourd’hui
N’est-ce pas déjà trop ?

Mère, il est là l’ennemi
Ne le vois-tu pas
Assassin, voleur, vagabond
Ne le vois-tu pas
Salir mon nom, salir mon pays
À notre porte, l’envahisseur bruyant et sale
Le laisseras-tu impuni ?

Jour de colère !
Poings qui se serrent !
Mort ! Mort !

Mon fils, qu’as-tu fait de mon amour ?
Tes mots sont plein de haine
Ta colère t’aveugle, ta colère t’assourdit
Et tu cherches un coupable
Au milieu des victimes

L’ennemi est connu
Mais chacun se sentant trop faible
Pour le détrôner
Préfère s’en prendre à son voisin
À plus faible que soi
Oh ! Elles sont discrètes
Toutes ces belles personnes
Qui vivent de ton travail
Pendant que tu t’épuises à la tâche
Et comble de l’ironie
Te poussent à la haine
Te poussent à la guerre !

Nous sommes pourtant si nombreux !
Nous sommes la foule immense
Qui de ses points serrés
Armée d’un fol espoir
Renverse le présent
Et libère l’avenir

Oui !
Que le drapeau multicolore
Étouffe ces salauds qui nous tuent
Que les croisés disparaissent
Que les orgueilleux se taisent
Que le militant renverse le militaire !

Et puis, calmement, résolument,
À force de marcher,
Nous renverserons tous les jougs
Nous renverserons les frontières

Jour de colère
Poings qui se serrent
Que nos poings dressés
Écrivent ton nom,
Liberté !

Final

Ô monde,
Siècles passés, siècles à venir,
Mes mots vous effleurent à peine
À mes doutes, à mes pourquoi,
Seul le silence me répond

Mais, moi, devrais-je rester silencieux ?
Pourquoi me faudrait-il attendre ?
Qu’ai-je besoin de certitudes
Pour chanter, rire et vivre ?
Pour semer aujourd’hui
Les graines du devenir ?

Notre ciel n’est pas vide
Étoiles et planètes
Y dansent
Infiniment gracieuses
Elles-aussi vivent
Puis s’éteignent

Beauté du réel
Mouvement de l’espace et du temps
Dansons, nous aussi

Dansons, rions et chantons
Et que nos chants résonnent dans tous l’univers
Des chants de paix, des chants de lutte, des chants d’amour
Des chants et des danses qui font tournoyer l’Histoire
Du tournoiement joyeux des révolutions
Et lorsque épuisés nous nous endormirons,
Ce sera déjà demain.

25 réflexions au sujet de « Les textes »

  1. Voilà qui décape les neurones ! A propos du passage où tu dis « je ne crois pas… », j’aurais bien vu en miroir un autre passage où tu dis « je crois… » : je crois en la solidarité, en l’amitié, à la beauté, à la générosité, etc…
    Mais peut-être est-ce prévu !
    Bonne continuation, c’est bien parti.

    1. Justement ! Je ne crois pas ! Croire est un acte de foi qui n’a rien à voir ni avec la morale, ni avec la connaissance.
      Cela dit, les éléments positifs sont disséminés un peu partout dans le texte, notamment dans la partie «la colère de l’Homme».

  2. Eh bien, voilà du grain à moudre ! J’ai commencé par lire avec curiosité, puis intérêt, plaisir, et même émotion. Merci pour tout cela.
    Tu demandes des commentaires, il va y en avoir ! Forcément, puisque tes textes donnent à réfléchir…
    Je commence par dire que j’ai beaucoup aimé les textes (je suis nulle en musique) dans l’ensemble (avec une mention particulière ++ pour Ivresse et Danse, + qq passages de La colère de l’H.
    Maintenant, je vais surtout développer les points sur lesquels je suis moins ou pas du tout d’accord !

    D’abord, en réponse à l’échange qui précède. Je comprends ce que tu dis à propos de « croire », et l’athée ne peut qu’être d’accord. Sauf que… je me demande dans quelle mesure toute projection vers un avenir ne suppose pas un peu de… foi. Ne pas oublier que « foi » est de la même famille que « se fier à », « confiance »… Or tout projet suppose qu’on s’engage à tout faire pour qu’il se réalise. Mais tant qu’il n’est pas réalisé, il faut bien lui/ se faire confiance (ou lui faire « crédit » : famille de « croire » !). Il n’y a que dans le domaine des sciences « dures » qu’on peut se passer totalement de « foi » – et encore. Mais pour le reste…

    Ensuite : j’ai été frappée par la tonalité masculine de quelques textes. Le masculin comme genre neutre, peut-être (??) Mais l’évocation des femmes dans « La colère de l’Homme » est très XIXe siècle, à la fois hugolienne et marquée par le christianisme, non ? « la femme adultère », « la fille qui avorte »… Je sais bien qu’il y a nombre de sociétés où on tue les femmes adultères, mais il me semble qu’aujourd’hui il y a ici d’autres questions ; et que le souci, ce n’est pas tant la fille qui avorte, que celle qui n’a pas encore avorté, et qu’on veut empêcher de le faire…

    Enfin, encore des termes judéo-chrétiens : parce que c’est une réponse au requiem généralement chrétien ? Je songe à : « renversons les idoles », c’est moins net pour « chassons les imposteurs »…

    Dernier point, pas très net encore pour moi : la place important faite à l’amitié et la camaraderie -d’accord. Mais il me semble qu’en face il manque d’autres sentiments, d’autres types de relation. À creuser…

    J’espère que ces qq notes vont t’être un peu utiles.
    Bon boulot ! Et continue surtout ! Ça vaut vraiment le coup. À bientôt ?

    1. Bon ! Je n’en attendais pas moins de ta part 🙂
      Je réponds point par point.

      1) Sur la question de la foi, je comprends ce que tu dis mais je ne pense pas le faire entrer dans le texte. Si le mot foi est pris dans l’assertion de «confiance», ça n’empêche pas qu’il s’agit là d’une motivation extérieure à la morale. Je fais ce que je fais parce qu’il est juste (ou bon) que je le fasse, indépendamment des chances que j’ai de voir se réaliser mes projets. Avoir la foi, c’est du domaine de la passivité, ou de l’espérance magique. Elle nous dédouane d’une connaissance positive des choses et des événements. Je me sens beaucoup plus proche d’une vision matérialiste (à la Hegel). Je n’ose utiliser le concept de dialectique, on va me taxer de communisme…
      Donc, non, décidément, «je ne crois pas». Soit je sais, soit je doute.

      2) Sur l’aspect masculin des textes, là, je suis d’accord à 100%.
      D’abord, pour désigner l’humanité, je me sens limité par la langue française. Dois-je dire «la colère de l’Homme» ou «la colère des hommes et des femmes» (très lourd) ou «la colère des êtres humains» (encore plus lourd). Là, je suis dans l’impasse.
      Ensuite, sur la place à donner à l’émancipation des femmes. C’est un point délicat. «La femme adultère», c’est une référence à Brassens mais je vais la supprimer. Pour ce qui est de l’avortement, c’est très symbolique mais aussi un peu anecdotique. Ça passerait s’il y avait autre chose. Mais je n’ai rien mis ailleurs, donc c’est un peu court.
      Je réfléchis à tout ça et je ferai une proposition plus tard.

      3) Sur les références judéo-chrétiennes, tu l’as compris : je fais de fréquentes références au texte liturgique du requiem.
      «Renversons les idoles» s’entend de deux façons différentes : la première est religieuse, la deuxième est plus triviale («ni dieu ni César ni tribun» disait l’autre…).

      4) Oui, il manque le mot «solidarité». Et l’amour est juste effleuré. Mais bon, ça n’est ni une dissertation de philo, ni un tract syndical 😉 Et puis, on a déjà tellement dit de choses sur l’amour… J’ai peur d’être banal. J’y réfléchis, c’est promis.
      Évidemment, si quelqu’un a des suggestions de vers à me faire, je suis preneur (mais je vous préviens, je suis difficile…)

  3. Tu as raison : en ôtant les références au féminin qui manquaient d’envol, tu rends au masculin sa tonalité neutre, et ça passe bien mieux. Enfin, à mes yeux… Pauvre et étranger, ça inclut LA pauvre et l’étrangèrE, d’accord. Et le féminin est là, dans la danse et la révolution !
    Quant aux types de relation manquants, la solidarité est au moins effleurée à travers l’introït : n’est-on pas solidaire d’un frère, d’un ami, d’un camarade ? Et l’amour est (très vite) évoqué à travers « l’amour des siens » (Non credo). Finalement…
    J’ai l’impression que tu touches au but pour les textes. Mais ne dis pas que tu n’y reviendras plus, tu verras bien ! Bonne route !

  4. Je relis l’introït, après avoir écouté les premières mesures. Il me semble quand même qu’il manque qqch dans cet introït. Tu ne donnes la parole qu’aux amis et aux camarades (frères, dans ce contexte, a un sens quasi équivalent). Et que fais-tu des amants, des parents, des enfants ? Non que les premiers (amis, etc.) n’éprouvent rien, bien sûr. Mais les seconds éprouvent ces pertes dans leur chair , c’est souvent une partie d’eux-même qui leur est ôtée (je sais, ça fait sans doute bien lyrique, ou mélo, mais c’est comme ça, on n’y peut rien). Or ils sont gommés ici. Je crois que c’est la lecture de Claudine qui m’a ouvert les yeux là-dessus…
    Maintenant bien sûr, tu en fais ce que tu veux !

  5. Le texte est un peu court, c’est clair. Je pense que certaines paroles seront répétées.

    Concernant la remarque sur la famille, je suis un peu perplexe. La mère qui dit «adieu mon fils» est la seule à pouvoir le faire. De même pour le fils qui dirait «adieu ma mère». Les notions d’amitié, de camaraderie et de fraternité sont plus universelles.

    Du coup, je te propose la modification suivante, en remplacement de «salut mon frère» :
    «Salut, ô toi, que nous aimions tant !»
    Ça permet d’inclure le maris, les parents, les amis, etc.

    Ne voulant pas trop en rajouter, je n’ai rien dit sur la douleur liée à la perte. Par contre, il manque clairement un truc sur l’héritage. Dans le «Non credo», je parle d’une «petite place dans la mémoire universelle». Mais les proches gardent eux un souvenir liés à leur fréquentation du défunt. Il y a quelque chose à écrire sur la place qu’aura le souvenir dans nos vies à venir :

    «Nous cheminons sans toi maintenant ;
    Que ton souvenir accompagne chacun de nos pas !»

    (j’hésite encore pour le deuxième vers, que je trouve un peu long)

    1. Crois-tu que l’amitié, la camaraderie sont des sentiments plus universels que l’amour ? Pas si sûr. En commençant par « l’ami tombé », ce que tu écris ensuite renvoie forcément à cette notion. « L’aimé tombé » est totalement impossible. À réfléchir encore.
      Oui, l’idée d’héritage, de passation d’idées, de valeurs, est importante. (et oui aussi, le second vers est un peu long !)
      Continue, tu vas trouver !

      1. Ah, l’amour… 😉 C’est un peu comme pour la famille : il s’agit là d’une relation particulière. Et donc, pour le défunt, il ne s’agit là que d’une seule personne (à moins qu’il n’ait des maîtresses et/ou des amants…). Il n’a qu’une mère, qu’un père, que quelques enfants (s’il en a) et qu’une conjointe. Par contre, le nombre d’amis, de copains, de camarades de lutte ou de jeu, de collègues n’est pas limité.

        Je sens que le problème de l’universalité va être délicat à résoudre. J’ai choisi de m’adresser à une unique personne indéterminée et de faire parler ses proches. J’aurais pu me restreindre à une relation particulière. Berg a choisi comme sous-titre à son concerto «À la mémoire d’un ange» en référence à Manon Gropius. Delius dédit son requiem à la « mémoire de tous les jeunes artistes tombés pendant la guerre ».

        Que dit la liturgie ? Elle s’adresse tout simplement «aux morts» : «Donne-leur le repos éternel, Seigneur, et que la lumière éternelle les illumine.» Et Brahms utilise le même procédé : 
        «Bienheureux les morts, qui dans le Seigneur meurent dès à présent.
        Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leur labeur ;
        car leurs œuvres les suivent.
        »
        (On notera la référence à l’héritage)

        Mais tout ça est très insuffisant pour ceux qui ne croient pas dans la vie après la mort. Le requiem doit s’adresser aux vivants, à ceux qui restent et qui souffrent. Et mon Introït doit permettre d’exprimer cette souffrance, de l’incarner et peut-être amorcer un début de consolation.

        Le problème reste donc entier : comment désigner le mort ? «L’ami tombé» n’est pas assez universel, me fais-tu remarquer. Certes. Je pourrais envisager une formulation à la deuxième personne :
        «Nous te contemplons, toi qui es tombé»

        Allez, je me lance et je réécris tout ça…

  6. je reconnais bien l’auteur dans les textes et les idées exprimées, y compris celles qui diffèrent des miennes (Rien n’est sacré).
    J’aime beaucoup le vers parlant d’accepter la fin « sans calcul », et les références au ciel, aux étoiles et aux planètes.
    Je lis le courage d’etre humain, d’etre vivant, face à l’infini.

    J’aimerais savoir si l’auteur a envisagé au départ d’écrire le texte à la première personne, du point de vue du mourant ? parce que cela permettrait d’exprimer les interrogations, la peur : que va-t-il se passer ? quand et comment la conscience disparaît-elle ?

    1. D’abord, sur «rien n’est sacré». Cette phrase est capitale. Le sacré, c’est le domaine du «non-questionnable». Pour les croyants, il est hors de question de remettre en cause les prophètes, les saints et les textes fondateurs (bible, coran, torah, etc). Les dogmes empêchent de réfléchir pleinement. Comment être sûr que je fais le bien si je ne peux pas questionner la morale qui sous-tend mes actions ? Pour ma part, je trouve extrêmement hypocrites les religieux qui disent «il faut faire le bien/aider son prochain car dieu/la bible le veut».

      On utilise le mot sacré à tort quand on parle des grandes valeurs. Exemple : «la justice, c’est sacré» (ou pire : «la famille, c’est sacré»). Dans tous les cas, il s’agit d’un choix moral. Et comme tous les choix moraux, il d’autant plus de force qu’il est choisi en toute connaissance de cause. Donc, quand il n’est pas sacré.

      Ensuite, sur le point de vue du mourant. Parler de la mort et de ce qui va se passer après sa mort, c’est déjà un peu se comporter comme un mourant. Prendre conscience de se condition de mortel, c’est être capable de se dire : je suis en train de mourir. La vie est un phénomène éphémère, transitoire. À l’échelle de l’humanité, la plupart du temps, je n’existe pas (encore) ou je n’existe plus. Ça doit donner un éclairage capital sur le sens qu’on donne à sa vie et surtout avec quelle intensité on doit vivre.

      Pour ce qui des sensations au moment de la mort proche, je dois reconnaître mon indifférence…

  7. Bonsoir Denis,
    j’écoute enfin les pistes et lis les textes. En ce qui concerne les pistes sonores, j’ai vraiment trop de mal avec le son synthétique et je manque sérieusement de recul sur le style de composition pour faire des remarques pertinentes alors, sur ce point, je me tais (pour l’instant).

    Concernant les textes, une première remarque. Peux tu me dire le nom de l’idéologie sur laquelle tu t’appuies pour écrire le requiem ? Positivisme ? Socialisme ?

    Et puis …

    Introït :
    Le « nous cheminerons seul » est-il compatible avec la persistance du souvenir du défunt ?

    Non credo :
    « il n’est de lumière plus forte que celle de la raison » : ça fait peur ! la raison et la logique, c’est trop cartésien pour moi. On a fait bien des erreurs en s’appuyant sur la raison. Elle est souvent invoquée mais finalement à tord.

    Tu fermes la porte à la religion, certes, mais tu fermes aussi la porte à toute forme de spiritualité.

    « Danse »

    « joyeux » et « révolution » … ça va vraiment ensemble ?

    voilà ! Tu t’es vraiment attelé à un travail ambitieux .. félicitation pour cette audace et bon courage !

    jséb

    1. Nous sommes d’accord avec le professeur jseb à propos des limites de la raison, et comme lui nous nous inquiétons de votre refus de toute forme de spiritualité. Nous sommes convaincu que chacun peut trouver une conception personnelle de ce qui est sacré. Einstein – que j’ai très bien connu enfant – ne disait-il pas : la plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le mystère des choses ?

      1. Moui, j’ai déjà répondu à cette remarque, mais je veux bien répéter. D’ailleurs, ça me fait penser à mes sujets de philo de terminale. Genre «la raison est-elle le seul outil pour connaître le réel ?». Ou : «la raison est-elle compatible avec le rêve ?».
        1) Je ne comprends pas cette méfiance face à la raison. N’est-ce pas quand on obéit à ses impulsions qu’on fait le plus d’erreurs ? N’est pas la raison qui permet d’obtenir une connaissance fiable de la Nature ? Il n’y a rien de pire que les vérités «révélées». L’argument d’autorité («croyez-moi car je suis saint/fils de dieu/dieu») empêche toute discussion, interdit toute critique.
        2) Non, je ne refuse pas la spiritualité, même si elle reste à définir. D’ailleurs, s’oppose-t-elle à la raison ? Discutable. Mais ma phrase est plus maligne : «Il n’est de lumière plus forte que celle de la raison». Ce qui signifie que je reconnais l’existence d’autres lumières.
        3) Il y a des pistes dans mon texte de «déraison». L’ivresse en est une forme. L’ivresse, pour moi, c’est l’exaltation ressentie face à la beauté du monde. État passif, intermédiaire de la jouissance. Et puis, il y a des choses très importantes dans le mouvement «danse», sans doute le plus important. «Beauté et vérité». Pour apprécier le beau, la raison ne suffit pas, bien sûr. Mais la connaissance positive du monde peut entraîner de nouvelles sources d’extase. Sans astro-physique, nous ne pourrions nous délecter de la beauté étrange des galaxies, des nébuleuses, des supernovas !
        Beauté et vérité ! Vérité et beauté ! Les deux sont plus intimement liés qu’il n’y paraît.

        Alors, cher spécialiste, suis-je plus convaincant maintenant ?

  8. Bon, je suis content que tu sois venu visiter le site et que tu aies pris le temps de commenter mon travail. Voilà quelques réponses à tes critiques.
    1) Sur l’idéologie générale. Socialisme, communisme, c’est difficile à dire ici. Mon texte ne propose aucun modèle de société. Par contre, il reconnaît nettement l’existence de la lutte des classes et appelle sans ambiguïté à la transformation de la société par le travail actif des Hommes. On peut dire qu’il est de gauche, sans que ça me fasse rougir. Positiviste, oui, matérialiste, oui, sans aucun doute. Je défends surtout l’idée suivante : même si nous mourrons, l’espèce humaine continue à écrire l’Histoire. Cette constatation simple, non équivoque, me permet d’énoncer le principe suivant : «j’aurais bien vécu si par ma vie j’apporte une pierre à l’édification d’un monde meilleur».
    2) «Le « nous cheminerons seuls » est-il compatible avec la persistance du souvenir du défunt ?» demandes-tu. La réponse est dans la question. Un souvenir est une abstraction. Il ne remplacera jamais l’être aimé, même s’il peut parfois nous donner de la force pour continuer à avancer.
    3) « il n’est de lumière plus forte que celle de la raison ». Je suis surpris que cela te fasse peur. Je parle de lumière, et je dis qu’elle est la plus forte (pas qu’elle est seule). L’intuition peut nous amener sur des pistes intéressantes mais seule la connaissance positive du monde nous permet d’y voir clair. Je pourrais citer de nombreux exemples. Par exemple : la rotondité de la Terre. A priori, notre expérience sensible nous donne l’impression que la Terre est plate. C’est d’ailleurs ce qu’ont dit nos prêtres pendant plusieurs milliers d’années (!), s’appuyant sur les textes sacrés. Sur quelles autres lumières voudrais-tu t’appuyer ? La raison permet d’éviter bien des erreurs.
    Cela ne signifie pas qu’il faut refuser les passions. D’abord, ce serait vain puisque depuis l’existence de l’Homme nous n’avons jamais su les maîtriser. Pour donner une métaphore un peu lourde, je dirai que la raison pourrait être comparée avec la vue alors que les passions sont comparables aux goûts. Eh j’affirme qu’on avance mieux avec la vue qu’avec le goût mais que c’est le goût qui donne de la saveur à l’existence…
    4) «Tu fermes la porte à la religion, certes, mais tu fermes aussi la porte à toute forme de spiritualité.» Ah bon ? À quoi fais-tu référence ? Il me semble au contraire que le dernier mouvement («danse») démontre le contraire.
    5) « « joyeux » et « révolution » … ça va vraiment ensemble ? » Je ne vois pas de contradiction. La révolution des astres sur eux-mêmes a quelque chose de joyeux, d’aérien. Et puis, les révolutions populaires sont souvent le théâtre d’un débordement d’allégresse. Repense aux grandes fêtes sur la place Tahir ! Le problème, c’est plutôt les lendemains de révolution…

    Sur la musique, je te conseille d’écouter régulièrement mes exports tout de même afin de t’habituer aux instruments synthétiques. Pour ma part, il m’a fallu quelques temps avant d’en faire abstraction. Évidemment, ça ne sera jamais aussi bien qu’avec un vrai orchestre et un vrai chœur mais on sent quand même les intentions, l’ambiance, etc.

    Un jour, peut-être…

  9. Bonjour! Très intéressante la musique du cinquième mouvement! Pareil pour le texte d’Ivresse. Bel effort globalement pour les textes du point de vue poétique il me semble. Par ailleurs je laisse ci-suit quelques liens vers vidéos de blablaterie, qui me semble présenter une forme d’objection à quelques petites idées présentes dans Non Credo, pas tant pour critiquer mais plutôt parce-que ça peut t’intéresser…

    1
    https://www.youtube.com/watch?v=ODvbVDdsZFY&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb&index=111
    2
    https://www.youtube.com/watch?v=QIV8f9l8a-0&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb&index=86
    3
    https://www.youtube.com/watch?v=zWIpY1COD1I
    4
    https://www.youtube.com/watch?v=msgQ6wrsp2k&index=180&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb

    Salutations!
    Bonne continuation

    1. Bonjour Dadamax ! Merci d’avoir jeté une oreille sur mon projet ! Tu as apprécié le 5ème mouvement alors qu’il est encore en plein chantier ; ça m’encourage pour la suite !

      Les vidéos sont intéressantes et rentrent en résonance avec mes réflexions personnelles. Par contre je ne vois pas bien quelles idées du «Non credo» elles viennent infléchir. Concernant ce dernier texte, étant le plus faible, je prévois de le réviser avant d’entamer l’orchestration.

      1. Pas facile mais je vais essayer de répondre à ta question.

        Le paragraphe en tête :

        « Je ne crois pas.
        Je ne crois pas en dieu. »

        suggère que :

        « Renversons les idoles, chassons les imposteurs »

        concernent les religions, rien qu’elles, même, en tous cas qu’elles sont un obstacle fort à :

        « J’agis en penseur libre
        J’écris mes propres lois
        Je trace un chemin qui m’est propre »

        J’y vois plusieurs objections :

        1 – C’est le copié-coller d’un raisonnement qui n’est pas neutre, d’une manière de poser les questions et en définitive de se positionner, enseigné à l’école, consistant à considérer la liberté comme une réalité simplement parce-qu’elle a été déclaré comme principe dans un texte, en dépit que d’autres lois, contemporaines de 1789 et successives, contredisent dans les faits ce principe, ce vœu pieu qui ne suscite jamais autant de publicité que quand il reste cantonné aux hautes sphères éthérées… quand ce n’est pas la « liberté d’investir » et autres tartufferies qui vont bon train.

        On est dans un dilemme, une opposition, qui ne me semblent pas du tout aller de soit.

        Au contraire, je ne suis absolument pas sûr – au fond je n’en crois rien – que la religion s’oppose à la liberté. Un exemple ici où le contraire se produit :
        https://www.youtube.com/watch?v=d-Y1kIu6yfI

        2 – D’ailleurs, évoquer la religion avec un grand R ou des religieux à la même aune, essentialise ce qui n’a pas lieu de l’être, des réalités individuelles. Ce n’est pas parce-que le Pape dit une chose que tous les chrétiens la pensent.

        Concernant le sacré, la Déclaration des Droits de l’Homme, article 17, ne déclare rien de moins que la propriété est sacrée – ce sont ces termes exacts qui sont employés, pas pour rien à mon avis*.

        Alors : « Rien n’est saint, rien n’est sacré »

        Demande expressément une révision de ce texte – à minima, ce qui n’est pas très clair dans Non Credo!..

        J’ajoute quelques mots sur la juxtaposition suivante, qui peut induire un lien de conséquence :

        « Il n’est de lumière plus forte que celle de la raison
        Nous sommes mortels, nous sommes finis »

        Concernant cette deuxième phrase, qu’en sais-tu, au fond? Je veux dire : qu’en savons-nous? Si on considère la vie comme le fait de suer, le sang qui coule, les ongles qui poussent, alors la mort est une fin, sûrement. Si la vie sont les pensées, les émotions, alors je t’apprends que j’ai parlé à Mozart hier soir et qu’il allait bien! Si la vie sont les nombreux mouvements et évènements qu’on observe au microscope dans une plante et un rocher, on a encore une autre réponse.

        Sur l’ensemble, je dirais que « La vérité ne fait pas parti du domaine de la science » (Jean Pierre Luminet, astro-physicien).

        Stephen Hawking raconte une histoire : si un poisson dans un bocal élaborait une théorie permettant de modéliser les déplacements des astres observés autour de lui, déplacements dont le bocal rond modifie la perception que le poisson en a, il serait alors difficile de dire que le modèle humain est plus juste que celui du poisson. Surtout, si notre perception limitée agit comme le bocal du poisson, si nos concepts font de même, on peut en déduire qu’on est loin de savoir quelque chose. Les observations scientifiques des électrons et compagnie ont au moins pour mérite de pointer que l’on ne comprend absolument rien à à peu près tout : la matière, l’énergie, les chants magnétiques etc… Depuis quelques décennies, une des premières Théories du Tout en lice prévoit des espaces à 10 dimensions en gros, ce qui donne des millions de modèles possibles… La science n’a jamais autant ramé qu’aujourd’hui! Donc je dis qu’un croyant sait qu’il croit; tu ignores que tu crois.

        Enfin, beaucoup de gens qui croient en un dieu ne le font pas en pesant le pour et le contre mais en le ressentant comme une nécessité de leur vie; ce n’est pas quelque chose qu’ils interrogent, pour voir les avantages ou non qu’ils y trouvent…

        En conclusion :

        « Nul besoin de prière ni de messe,
        Pour cultiver l’amour des siens »

        Précisément, ce sont des moyens sociaux qui existent à cette fin : en créer d’autres, oui – et je ne vois pas pourquoi un croyant s’y opposerait – mais déclarer que le peu qui existe ne sert pas me semble paradoxal.

        A mon avis, tu prends les choses à l’envers. On retient toujours la phrase de Marx « La religion est l’opium du peuple » mais on oublie le début du raisonnement, qui est quelque chose comme : les conditions ignobles de nos vies rendent inévitable l’aspiration religieuse; il faudrait changer ces conditions pour que ce baume devienne inutile.

        Amicalement.

        L’article 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme déclare la propriété sacrée. Le sens est d’autant plus fort que c’est le seul mot qualifié ainsi dans un texte de loi, et se précise si on remarque le jeu d’ambiguïté entre propriété d’usage et propriété lucrative, comme si posséder ses vêtements était exactement ma même chose que posséder le destin de milliers d’hommes. Pas la peine d’un dessin pour reconnaître lequel des deux types de propriété est légalement choyé… par la vertu de l’autre.

        « Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. « 

  10. Bon bon bon… Je ne pense pas répondre en détail, ce serait trop lourd sur ce type d’interface. En fait, mon problème avec ce texte, ce qu’il infère des raisonnements qui ne sont pas les miens. Tu n’es pas le premier à le critiquer de cette façon et je dois bien reconnaître qu’il y a un problème.

    J’ai voulu simplement prendre à rebours le Credo des chrétiens dans un texte légèrement provocateur et exalté. Du coup, il prête le flanc à toutes les critiques et fait perdre en crédibilité le reste du requiem. C’est inacceptable. Les premières critiques vraiment décisives sont venues lorsque j’avais fini d’ébaucher tout le mouvement. Du coup, je me suis dit que je réviserai le texte plus tard pour le rendre moins dogmatique. Ainsi, je pourrais conserver la musique (qui m’a demandé beaucoup d’efforts…).

    Maintenant, je me rends compte que sa structure même, sorte d’agrégat de poncifs libertaires, pose problème. Il faut que je reprenne les choses du début et que je réécrive ce texte. Je vais bientôt poster un article pour exposer mon plan d’attaque et le soumettre à mes (rares mais excellents) lecteurs. Et je ne me lancerai pas dans la composition tant que je n’ai obtenu quelque chose de solide.

    Amicalement,

    Denis

    PS : Est-ce que tu vois des faiblesses dans les autres mouvements ?

    1. Les autres mouvements vont bien je trouve.

      Personnellement, quand j’essai d’écrire, je n’hésite pas à piller ailleurs éventuellement, ou bien voir comment des écrivains s’y prennent avec des thématiques semblables. Le gros avantage, sur le long terme, est que ça m’a fait progresser parce-qu’on finit par s’approprier les idées qu’on manipule. Là par exemple, l’expression exaltée et satirique souhaitée me semble proche de Vladimir Maiakovski… (il faut dire que j’adore ce poète…)

      exemple :

      Écoutez !
      Puisqu’on allume les étoiles,
      c’est qu’elles sont à 
      quelqu’un nécessaires?
      C’est que quelqu’un désire
      qu’elles soient?
      C’est que quelqu’un dit perles 
      ces crachats?
      Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
      il fonce jusqu’à Dieu,
      craint d’arriver trop tard, pleure,
      baise sa main noueuse, implore 
      il lui faut une étoile! 
      jure qu’il ne peut supporter 
      son martyre sans étoiles.

      Ensuite,
      il promène son angoisse,
      il fait semblant d’être calme.
      Il dit à quelqu’un :
       » Maintenant, tu vas mieux,
      n’est-ce pas? T’as plus peur ? Dis ?  »

      Écoutez !
      Puisqu’on allume les étoiles,
      c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ?
      c’est qu’il est indispensable,
      que tous les soirs
      au-dessus des toits
      se mette à luire seule au moins
      une étoile?

      En tous cas, bon courage.

      PS : c’est sympa : en discutant, ça m’a donné une idée pour un truc qui me trotte dans la tête!

      1. Oui, effectivement, ce poème est très bon !
        Dis-moi, c’est quoi ton «idée pour un truc qui me trotte dans la tête» ?…

        1. L’idée est précise mais le « truc » assez vague quand même, mais pourrait faire correspondre des activités que je mène : la musique, qui me nettoie l’esprit, et deux-trois thèmes de politique qui me paraissent fondamentaux, mis à part lesquels j’élude scrupuleusement toute information afin d’avoir le temps de lire des ouvrages, comparer des sources…, convaincu que d’une part, quand on est « informé » sur tout, on n’en sait moins que pas du tout, convaincu d’autre part que quand on sait d’où viennent les coups on a un peu moins mal!

          Ce qui me trotte en tête serait une satire, une cantate sacrée sur le thème des marchés financiers… Comme la majeure partie de mon temps consiste pour la musique à chercher à apprendre, je me contrains à ne plus créer… sauf quelques dérapages(!) que je note, du coup c’est peu sûr que ça aboutisse à quelque chose mais en tous cas c’est sur mon chemin.

          Donc, l’idée, très loin de ce que tu fais, rejoint une de mes thématiques ainsi-que mon commentaire précédent. J’ai pris les premières phrases de l’intervention de Bernard Friot que je t’avais envoyé :
          1
          https://www.youtube.com/watch?v=ODvbVDdsZFY&list=PL0MRZRrtxkbVxdCTtA5M-P0VhsY1cdfSb&index=111

          pour les mettre en musique… je l’ai imaginé interprété par un chœur monophonique costumé en grecs antiques… bien-qu’un masque et une étole pourrait suffire! avec accompagnement simple au piano…

          C’est juste quelques lignes mais des idées musicales me sont venues l’une après l’autre… La vidéo c’est pas mal du tout pour chercher des rythmes qui collent à une prosodie.

          En ce moment je lis le dernier livre de cet économiste, « émanciper le travail », qui me semble bien remettre des choses à l’endroit, ceci avant de reprendre mes textes.

  11. « il sera demain » serait a mon avis plus élégant vocalement que le « seuseu » de « ce sera demain ».

    Pour le reste il faut voir avec la musique. Je ne m’immiscerais pas trop dans des choix personnels.

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