Final : c’est fini !

Début du dernier thème «des chants et des danses»
Début du dernier thème «des chants et des danses»

Il m’aura fallu une grosse semaine de traversée en bateau de l’Atlantique pour trouver le temps et la concentration nécessaire pour terminer ce final ! Pour l’écouter, soit vous allez sur la page du mouvement (où vous trouverez en plus la partition en pdf), soit vous tentez votre chance avec le lecteur ci-dessous :

Comme prévu, le thème lié à la danse a été réécrit pour lui donner un faux air de valse joyeusement bruyante. Le dernier paragraphe

Des chants et des danses qui font tournoyer le monde
Du tournoiement joyeux des révolutions

est traité de façon énigmatique, quasi fuguée. C’est typiquement le genre de passage qui me demande énormément d’efforts et de patience pour trouver l’harmonie juste. J’ai tâtonné pour chaque accord, faute de bagage théorique suffisant. À ma grande surprise, ce passage débouche naturellement sur un do majeur majestueux, où je ré-expose le thème principal du 1er mouvement. Et là, sans effort particulier, ça module vers sib majeur, la tonalité initiale du requiem. Je peux vous assurer que rien de tout cela n’était planifié ! Du coup, j’immobilise l’harmonie pour les deux derniers vers.

Et lorsque épuisés nous nous endormirons
Ce sera déjà demain

Le thème de la danse conclut délicatement le mouvement, de façon presque irréelle.

Je suis plutôt satisfait de ce mouvement, sauf sur un point : l’ensemble manque d’unité, notamment thématique. Les différences parties s’enchaînent de façon souple mais sont finalement peu développées et ne permettent pas à l’auditeur de ressortir avec une mélodie dans l’oreille. Mais le temps de la composition et celui de l’audition n’est pas le même. Tel passage qui me demande des heures de travail ne dure au final que quelques dizaines de secondes. J’ai l’impression d’avoir déjà passé beaucoup de temps avec tel ou tel thème ou motif rythmique, alors que l’auditeur se familiarise à peine avec lui.

Et puis, j’ai une légère tendance au madrigalisme – c’est-à-dire à faire coller au plus près texte et musique -, ce qui ne va pas dans le sens d’une conception plus unitaire du mouvement. L’exemple frappant, c’est le traitement du vers

Des chants de lutte, des chants de paix, des chants d’amour

qui donne lieu à une caractérisation presque excessive de chaque mot, commençant de façon presque martial et s’achevant de façon plus lyrique. C’est vrai que du coup, on n’a pas le temps de se lasser. Mais je me dis qu’avec plus de métier, je devrais réussir à développer mieux mes motifs et maîtriser mieux la structure des mouvements.

Et alors, me direz-vous, c’est fini ? Eh bien … non ! D’abord je dois réécrire le 2ème mouvement, qui n’est pas assez bon, que ce soit au niveau du texte ou de la musique. Et ensuite, il faut que j’orchestre le tout, ne serait-ce pour que la partition soit jouable et chantable. Bref, il me reste du pain sur la planche !

En attendant, n’hésitez pas à me donner votre avis sur ce dernier mouvement.

2 réflexions au sujet de « Final : c’est fini ! »

  1. Je n’ai qu’une envie: l’entendre. Et rien que lire ton texte, c’est déjà beau, même très beau… Et je me dis que te lire suffit déjà à mon bonheur.
    Si d’aventure je n’arrivais pas à entendre le fruit de ton inspiration, j’attendrais.
    Mais rassure toi, je n’essaierai pas de composer….

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