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Non credo : retour au calme

J’ai composé une quinzaine de mesures supplémentaires dans le Non credo.

Finie l’euphorie du libre penseur, voici le temps de rappeler le mortel à sa finitude. Après une transition erratique, la pulsation se stabilise dans un doux balancement. Faussement serein, le ténor énonce le cœur du «non credo» : il n’y aura pas de résurrection. Le chœur va alors pouvoir faire son entrée, tout en douceur, sur un tapis de cordes en triolets.

Non credo : «je suis ce que je fais»

Quelques mesures de plus dans le «non credo», à écouter sur la page habituelle.

Je n’ai pas touché au texte cette fois-ci. Par contre, j’ai un peu retouché ce que j’avais déjà composé. Rien de bien méchant, cela dit, et je me suis concentré sur la fin du premier paragraphe. L’esprit est le même que précédemment : un ténor lyrique sur un orchestre bouillonnant ! Pas compliqué à faire mais long à composer : il y a beaucoup de notes à écrire ! Pour le dernier vers «je suis ce que je fais», j’envoie mon ténor dans la stratosphère avec un la# aigu. J’ai troqué le violoncelle pour un alto pour jouer la voix du soliste : c’est plus clair comme ça.

Non credo : 32 premières mesures

Tout excité par le fait d’avoir fini un mouvement, j’ai décidé de me lancer tête baissée dans le 2ème. Comme pour le premier, vous pourrez suivre ma progression sur cette page : 2ème mouvement «Non credo»

D’abord, j’ai commencé par retoucher le texte. Désormais, tout le début du mouvement est à la première personne. Du point de vue philosophique, c’est la partie la plus importante. Je ne suis pas la marionnette d’un dieu quelconque, non ! «Je suis ce que je fais». L’utilisation du «je» renvoie à la responsabilité personnelle de mes actes, de l’utilisation que je fais de la liberté qui m’est confiée.

Il y a ici un piège dans lequel je ne souhaite pas tomber. Ce que j’énonce ici ne vaut pas pour argument d’autorité et mérite discussion. Dans la messe chrétienne, le «credo» est affirmé avec force pour empêcher tout doute de s’insinuer dans le croyant. Mon «non credo» doit prendre le contre-pied de cette manière de faire. Après une mesure de colère (thème nº4), l’orchestre entame une méditation sombre et sinueuse. Ne pas croire nous oblige à douter et, ici, la musique semble douter.

Puis, le ténor affirme sa «non-croyance» calmement. Et rapidement la lumière se fait et le doute cède la place à l’exaltation. Comme d’habitude, je m’arrête en plein milieu d’un moment de forte tension ; ça me donnera plus facilement envie de retourner à l’ouvrage.

PS : Personne n’a rien dit à propos du final du premier mouvement… snif… Ça vous plaît ou pas ?