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L’orchestration est terminée !

Dernières interventions du basson, du hautbois et de la harpe.

Et voilà, au terme de 4 années de travail (pas toujours acharnées, je vous l’accorde), je termine enfin mon requiem ! Et vous savez quoi ? Eh bien, j’en suis pas mal fier ! Ça a beau sentir plus la sueur que le génie, il y a du bon et du vrai dans tout ça. De quoi en surprendre quelques uns et en émouvoir quelques autres. De quoi donner du fil à retordre aux musiciens qui s’y frotteront.  De quoi, aussi, laisser perplexe le petit monde de la musique contemporaine… Car l’œuvre ne rentre pas vraiment dans les cases…

En tout cas, elle est là, entièrement disponible, entièrement libre (licence CC-0), entièrement foutraque, entièrement sincère. Reste à la créer, avec de vrais instrumentistes et de vrais chanteurs. Et là, je ne vous cache pas que je ne sais pas encore quelle stratégie adopter.

En attendant, vous pouvez :

I – Introït :

II – Non credo :

III – Ivresse :

IV – La Colère de l’Homme

V – Final

Final : on ne touche à rien !

Tutti !

Ça y est, le final passe en version bêta 1 ! L’orchestration est terminée mais la partition n’est pas encore jouable : il faut tout relire, corriger, affiner. Néanmoins, toute la musique est déjà là.

J’avais prévu de retoucher un peu la partie finale, que je trouvais un peu courte et un peu épaisse. Mais, après quelques essais, j’y ai renoncé : toute modification sonne artificielle à mes oreilles. Du coup, j’ai tout laissé en l’état. Ou presque : ce n’est plus le chœur qui chante le thème principal… Pas de regrets : ça n’était pas vraiment chantable.

L’orchestration de cette dernière partie a été relativement simple à faire. J’espère que le chœur restera audible dans les tutti d’orchestre parce que j’ai vraiment mis le paquet ! La fin est beaucoup plus simple : j’ai mélangé les cordes avec la harpe et quelques bois graves (basson, clarinettes et clarinette basse). Ça donne des sonorités très feutrées, très douces.

Orchestration du final : les choses sérieuses commencent…

Nombreux arpèges chez les cordes

En terme de minutage, la moitié du mouvement est déjà orchestrée ! Par contre… c’était clairement la moitié facile ! Peu d’instruments + peu de modifications à apporter aux ébauches = beaucoup de copier-coller. Même les arpèges des cordes ont été relativement rapides à mettre en place.

Un changement important, néanmoins : le premier soliste à intervenir n’est plus le ténor mais l’alto. Car l’alto n’avait jusqu’à présent qu’un seul petit solo dans le 3ème mouvement. J’ai estimé que ça n’était pas très sympa de faire se déplacer une chanteuse pour aussi peu. Alors, je lui offre ce petit passage. Le ténor ne s’en plaindra pas : il a déjà eu beaucoup à chanter dans le 2ème mouvement.

Orchestration du final : déjà 3 minutes !

Me voici de retour à la table de composition ! Et cette fois-ci, j’ai pas mal de temps devant moi ! Du coup, je devrais réussir à faire avancer rapidement l’orchestration de ce dernier mouvement. Tant mieux, d’ailleurs, parce qu’il y a pas mal de boulot ! Et surtout, je prévois de réécrire une partie de la danse finale (avant le climax).

Pour commencer, les premières mesures sont assez simples : très resserrées autour du chœur et des cordes. Les autres pupitres viennent progressivement colorer la masse orchestrale, mais toujours de façon assez discrète. Leur heure viendra plus tard…

Final : c’est fini !

Début du dernier thème «des chants et des danses»
Début du dernier thème «des chants et des danses»

Il m’aura fallu une grosse semaine de traversée en bateau de l’Atlantique pour trouver le temps et la concentration nécessaire pour terminer ce final ! Pour l’écouter, soit vous allez sur la page du mouvement (où vous trouverez en plus la partition en pdf), soit vous tentez votre chance avec le lecteur ci-dessous :

Comme prévu, le thème lié à la danse a été réécrit pour lui donner un faux air de valse joyeusement bruyante. Le dernier paragraphe

Des chants et des danses qui font tournoyer le monde
Du tournoiement joyeux des révolutions

est traité de façon énigmatique, quasi fuguée. C’est typiquement le genre de passage qui me demande énormément d’efforts et de patience pour trouver l’harmonie juste. J’ai tâtonné pour chaque accord, faute de bagage théorique suffisant. À ma grande surprise, ce passage débouche naturellement sur un do majeur majestueux, où je ré-expose le thème principal du 1er mouvement. Et là, sans effort particulier, ça module vers sib majeur, la tonalité initiale du requiem. Je peux vous assurer que rien de tout cela n’était planifié ! Du coup, j’immobilise l’harmonie pour les deux derniers vers.

Et lorsque épuisés nous nous endormirons
Ce sera déjà demain

Le thème de la danse conclut délicatement le mouvement, de façon presque irréelle.

Je suis plutôt satisfait de ce mouvement, sauf sur un point : l’ensemble manque d’unité, notamment thématique. Les différences parties s’enchaînent de façon souple mais sont finalement peu développées et ne permettent pas à l’auditeur de ressortir avec une mélodie dans l’oreille. Mais le temps de la composition et celui de l’audition n’est pas le même. Tel passage qui me demande des heures de travail ne dure au final que quelques dizaines de secondes. J’ai l’impression d’avoir déjà passé beaucoup de temps avec tel ou tel thème ou motif rythmique, alors que l’auditeur se familiarise à peine avec lui.

Et puis, j’ai une légère tendance au madrigalisme – c’est-à-dire à faire coller au plus près texte et musique -, ce qui ne va pas dans le sens d’une conception plus unitaire du mouvement. L’exemple frappant, c’est le traitement du vers

Des chants de lutte, des chants de paix, des chants d’amour

qui donne lieu à une caractérisation presque excessive de chaque mot, commençant de façon presque martial et s’achevant de façon plus lyrique. C’est vrai que du coup, on n’a pas le temps de se lasser. Mais je me dis qu’avec plus de métier, je devrais réussir à développer mieux mes motifs et maîtriser mieux la structure des mouvements.

Et alors, me direz-vous, c’est fini ? Eh bien … non ! D’abord je dois réécrire le 2ème mouvement, qui n’est pas assez bon, que ce soit au niveau du texte ou de la musique. Et ensuite, il faut que j’orchestre le tout, ne serait-ce pour que la partition soit jouable et chantable. Bref, il me reste du pain sur la planche !

En attendant, n’hésitez pas à me donner votre avis sur ce dernier mouvement.

Final : dernière ligne droite ?

Dansons, rions, chantons!
Dansons, rions, chantons!

Et voilà, j’attaque le dernier couplet du dernier mouvement ! Du coup, je ressens une grosse pression et j’arrive à rien de bien. Les quelques mesures que je présente ici ne sont pas satisfaisantes et pourtant, j’en suis à mon troisième essai. C’est sûr que la prochaine fois, elles auront changé.

La bonne nouvelle, c’est que le passage central, avec tous ses arpèges, est enfin terminé. Ça aussi ça m’a demandé pas mal de travail ! Ne serait-ce que parce que ça fait beaucoup de notes à rentrer…

Je continue à travailler sur une réécriture du texte du deuxième mouvement. Je vous ferai part de mes réflexions dans un prochain article.

Et le final s’élève…

Cette fois-ci, c’est depuis le Chili que je poste cette mise-à-jour de ma partition. Histoire de vous prouvez que ma retraite n’a rien à envier au cliché du compositeur enfermé dans une petite cabane au bord d’un étang bucolique, laissez-moi vous décrire le paysage qui m’entoure. Une petite ferme, des animaux (vaches, chevaux, chiens, volailles) et un grand potager. Mais surtout, la propriété fait face au volcan Osorno. Et en s’élevant un peu, on voit l’immense lac Llanquihue. Bref, le cadre idéal !

Thème extrait du final
Thème extrait du final

Plus prosaïquement, une mise-à-jour de mon logiciel (Musescore) m’apporte de nouvelles fonctionnalités qui me facilitent la vie. Et me permettent désormais de faire des captures d’écran rapides. Par exemple, il me permet de vous présenter ce nouveau thème qui anime les mesures les plus récemment composées.

Comme d’habitude, le texte est plus ou moins modifié au fur et à mesure de l’avancée de la partition. Pour écouter le mouvement dans sa dernière mouture, ça se passe sur la page habituelle !

Final : quelques mesures écrites au bout du monde

Je profite de quelques jours à Ushuaia pour me remettre à la table de composition. Ce qui est d’autant plus facile que notre hôtel possède un espace de travail avec tout le confort requis pour composer (en gros : des tables et du calme).

Dans ces nouvelles mesures, on sent un peu le caractère décousu de mon travail. Il y a des modulations étranges, une impression de continuel glissement ; chaque mesure s’enchaîne à peu près bien à la suivante mais aucune direction ne semble se dégager. Que l’auditeur se rassure, j’ai un «plan» pour la suite du mouvement. Et puis, je pense sérieusement retravailler les 3-4 dernières mesures qui sonnent de manière très étrange…

Tout ça s’écoute à la page habituelle, celle du final.

Final : silence du monde

Par une belle après-midi de printemps, à São Paulo, j’ai pris un peu de temps pour ajouter quelques mesures à mon requiem. Ça s’écoute sur la page consacrée au final, évidemment.

En réalité, il y a assez peu de nouvelle musique, j’ai surtout passé du temps à corriger ce que j’avais déjà fait. Et en plus, je viens de me rendre compte que j’ai oublié un morceau du texte («à mes pourquoi»). Qu’à cela ne tienne, l’idée directrice est là : un mouvement calme, avec des mesures alternant 3/2 et 2/2. Ça sonne un peu lourd. J’espère que l’orchestration allégera un peu la texture. À la fin de l’extrait, le mouvement s’anime. Il était temps !

5ème mouvement : le final émerge des nimbes

L’écriture du final de ce requiem a déjà commencé. Vous pouvez en écouter un extrait sur la page fraîchement créée.

Alors, c’est vrai, c’est plutôt modeste comme début, surtout après une si longue pause. Certes. Mais, pour ma défense, je dirai qu’il est très difficile de se mettre à la table de composition au cours d’un voyage. Trouver une demi-journée de libre est bien plus difficile qu’il n’y parait. Et puis, quand on la trouve, on n’a pas de bureau sous la main pour s’installer et je me retrouve à composer allongé sur un lit, ce qui n’est pas évident. Bref, je sens que ce mouvement va avancer lentement.

N’empêche, ça commence pas trop mal, non ? D’abord, comme d’habitude, j’ai retouché le texte : le premier paragraphe est complètement nouveau. Du coup, je m’interroge sur le titre prévu initialement : «Danse». J’attends d’avancer un peu plus avant de me décider.

Musicalement, le mouvement commence par trois accords complexes, chantés par le chœur sur le vers «ô monde». Hasard ou pas, aucun des mouvements précédents ne débutait avec un accord. Ces trois accords sont suivis d’une brève méditation de l’orchestre, qui rappelle celles du 2ème mouvement («Non credo»). Et puis, surprise, le chœur reprend ses trois premiers accords quasiment à l’identique. Le mouvement peut maintenant prendre son envol.