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L’orchestration du 4ème mouvement est terminée !

Cliquez sur l’image pour télécharger la partition

Ou du moins, elle est prête pour une relecture par plus compétent que moi ; c’est que je j’appelle une version bêta 2. Depuis la version bêta 1, que j’ai publiée à la fin du mois dernier, j’ai relu chaque voix, ajouté des nuances et des articulations et effectué la mise en page. Rien de très glamour mais c’était un travail indispensable pour permettre à cette partition d’être jouée un jour.

Beaucoup de notes…

Cette orchestration m’a pris pas mal de temps, contrairement au 3ème mouvement : il y avait tout simplement beaucoup plus de notes à rentrer ! L’orchestre est au complet et les cuivres ont enfin beaucoup de choses à jouer. Les percussionnistes ont aussi pas mal à faire… Et partout des doubles-croches en cascade, des arpèges, des bariolages, de l’agitation fébrile !

J’ai pris beaucoup de plaisir à retrouver ce mouvement ! J’avais terminé les ébauches en juillet 2014, à bord du cargo qui m’emmenait en Amérique du Sud pour 15 mois d’aventure avec ma compagne ! Mais au delà de l’aspect sentimental, il y a pas mal de belles pages dans cette Colère de l’Homme. C’est d’autant plus satisfaisant que le texte n’est pas vraiment un cadeau…

Maintenant, je vais pouvoir m’attaquer à l’orchestration du final ! Ah ah ! Préparez-vous : ça va chanter à plein poumons !

Pour écouter un export audio du 4ème mouvement :

La colère est en bêta 1 !!

Dernière mesure du mouvement !

Ce qui signifie, en gros, que toute la partition a été grossièrement orchestrée. Il me reste à relire le tout pour affiner cette orchestration, ajouter les nuances et les articulations manquantes et faire la mise-en-page. Autant dire que ce 4ème mouvement n’est pas jouable en l’état…

Néanmoins, j’avais hâte d’en arriver là ! Car ça permet d’entendre toute la deuxième partie du mouvement en entier (de 5’51 » à la fin). Il s’agit d’un vaste accelerando contenant le climax du mouvement en son sein. L’orchestre est sollicité dans son intégralité, avec toujours des cordes qui mènent le bal. Et ceux qui aiment les timbales seront bien servis !

Colère : le climax est orchestré

Le climax est orchestré !

Grosse avancée dans l’orchestration ces derniers jours, notamment à la faveur de quelques jours de congés inopinés ! Du coup, j’ai réussi à orchestrer une bonne moitié de la dernière partie de ce mouvement. Le crescendo fait appel aux cuivres et le tutti qui suit explose grâce aux soutiens des bois, des timbales et de la harpe ! Je suis très content d’avoir dépassé ce point : ça faisait longtemps que j’attendais d’en arriver là, car c’est un de mes passages préférés…

Orchestration du 4ème mouvement : où la colère s’apaise

Motif avec quintolet, exposé au violon solo, pour apaiser la grosse colère du chœur
Sous le solo de soprane, la harpe et la timbale installent une pulsation calme et stable, assouplie par les contretemps des cordes et les interventions solistes (violon, flûte, hautbois). Avant d’en arriver là, il a fallu tout de même en passer par un court passage dissonant et brutal («Mort!»). Passage délicat à orchestrer : il faut que ce soit fort mais que ça reste clair en même temps. Et l’auditeur attentif constatera que ce passage a été légèrement allongé par rapport à la phase d’esquisses.

Début de l’orchestration du dialogue mère-fils

Le baryton et ses motifs ascendants

Avec ce nouvel export, je dépasse enfin la première «colère» du chœur. La première intervention de la soprane est orchestrée de façon chambriste, sans les cordes. L’orchestre s’étoffe de nouveau à l’entrée du baryton. Le motif ascendant répétitif est confié aux cors et au basson. Les cuivres, utilisés avec sourdine, renforcent la noirceur du passage. Je me demande si je ne vais pas étoffer un peu l’orchestration de ce début de mouvement en deuxième lecture : en jouant trop la prudence, je risque de priver l’auditeur d’un beau cataclysme sonore…

Colère : l’orchestration a débuté !

Ça turbine dans les cordes !
Retour à un orchestre au grand complet ! Mais ce sont encore et toujours les cordes qui mènent le bal en ce début de mouvement, comme dans le mouvement précédent. S’ajoutent progressivement les cuivres et les bois les plus graves (contrebasson, clarinette basse, tuba).

Ce qui est sûr, c’est que l’orchestration de ces 9 minutes de musique vont me prendre pas mal de temps : il y a beaucoup de notes et c’est très rapide ! Du coup, en deux semaines, j’ai péniblement orchestré 55 secondes… Pas terrible comme rendement !

Pour l’écouter :
Attention : les solistes hommes sont joués par des bassons et les solistes femmes par des hautbois.

4ème mouvement terminé !

«La colère de l’Homme», quatrième mouvement de ce requiem athée, est enfin terminé. Il a été composé pour moitié en France et pour moitié sur le bateau qui me conduit en Amérique du Sud (voir http://peresd.org). N’ayant pas eu accès à internet pendant deux semaines, je n’ai pas pu mettre à jour ce site au fur et à mesure de ma progression. Vous avez donc droit à 5 minutes de musique à découvrir d’un coup, ce qui n’est pas fréquent !

Pour l’écouter, vous pouvez utiliser le lecteur ci-dessous. Sinon, vous pouvez consulter la page dédiée à la composition de ce mouvement (sur laquelle vous trouverez aussi la partition au format pdf).

Qu’y a-t-il dans ces 5 minutes ? Tout d’abord, je me suis occupé du couplet commençant par «L’ennemi est connu», que j’ai entièrement traité en récitatif. Ensuite, après une courte transition quelque peu erratique, un nouveau thème apparaît («Nous sommes pourtant si nombreux»), parfaitement tonal (si vous repérez des erreurs d’harmonie, n’hésitez pas). La pulsation est ferme mais calme (pour le moment). Par vague, le mouvement va prendre de l’ampleur et de la vitesse. Pour le paragraphe commençant par «oui!», le traitement harmonique est tellement classique qu’il en devient presque pompier. Cette joie naïve contraste avec le texte, toujours houleux. Le paragraphe commence quasi-a-capella et finit de façon tourmentée, précipitant la réapparition du thème initial du mouvement. Si les derniers vers semblent présager d’une fin relativement apaisée, la conclusion orchestrale refuse définitivement la facilité. Ce sera donc le premier mouvement de ce requiem à finir de façon brutale.

Le texte (définitif ?) du mouvement est le suivant :

Jour de colère !
Poings qui se serrent !

Homme, vers quels ennemis diriges-tu tes pas ?

Un mort aujourd’hui
N’est-ce pas déjà trop ?

Mère, il est là l’ennemi
Ne le vois-tu pas
Assassin, voleur, vagabond
Ne le vois-tu pas
Salir mon nom, salir mon pays
À notre porte, l’envahisseur bruyant et sale
Le laisseras-tu impuni ?
Jour de colère, poings qui se serrent ; à mort !

Mon fils, qu’as-tu fait de mon amour ?
Tes mots sont plein de haine
Ta colère t’aveugle, ta colère t’assourdit
Et tu cherches un coupable
Au milieu des victimes

L’ennemi est connu
Mais chacun se sentant trop faible
Pour le détrôner
Préfère s’en prendre à son voisin
À plus faible que soi
Oh ! Elles sont discrètes
Toutes ces belles personnes
Qui vivent de ton travail
Pendant que tu t’épuises à la tâche
Et comble de l’ironie
Te poussent à la haine
Te poussent à la guerre !

Nous sommes pourtant si nombreux !
Nous sommes la foule immense
Qui de ses points serrés
Armée d’un fol espoir
Renverse le présent
Et libère l’avenir

Oui !
Que le drapeau multicolore
Étouffe ces salauds qui nous tuent
Que les croisés disparaissent
Que les orgueilleux se taisent
Que le militant renverse le militaire !

Et puis, calmement, résolument,
À force de marcher,
Nous renverserons tous les jougs
Nous renverserons les frontières

Jour de colère
Poings qui se serrent
Que nos poings dressés
Écrivent ton nom,
Liberté !

Et maintenant ? Eh bien, il me reste encore un mouvement à ébaucher, et pas des moindres puisqu’il s’agira ni plus ni moins que du final de ce requiem !

4ème mouvement : «et tu cherches un coupable au milieu des victimes»

La première partie de ce mouvement (la partie la plus sombre) est terminée. Ça s’écoute sur la page idoine, comme d’hab !

Vacances obligent, j’ai beaucoup plus de temps pour composer et j’avance un peu tous les jours (environ 2 heures de travail quotidiennes). Quoi de neuf dans cette dernière livraison de musique ? D’abord, la reprise du thème initial se finit en catastrophe, sans solution de continuité. La soprane reprend la parole et la musique prend progressivement la forme d’une marche funèbre.

La suite devra prendre une direction différente. La supplique de la soprane («n’y a-t-il pas d’autres combats à mener ?») et la dénonciation des vies gâchées – que ce soit par la guerre ou par le travail – ne doivent pas tomber dans le larmoyant mais, au contraire, déboucher sur des perspectives de résistance collective. La musique devra sans doute se faire plus sensuelle, avec des barres de mesure et des pulsations moins structurantes. Ce passage devra montrer que même la musique peut progressivement se libérer !

4ème mouvement : du nouveau !

Pas mal de nouveautés dans ce 4ème mouvement ! D’abord, le texte a été profondément remanié :

Jour de colère !
Poings qui se serrent !

Homme, vers quels ennemis diriges-tu tes pas ?

Un mort aujourd’hui
N’est-ce pas déjà trop ?

Mère, il est là l’ennemi
Ne le vois-tu pas
Assassin, voleur, vagabond
Ne le vois-tu pas
Salir mon nom, salir mon pays
À notre porte, l’envahisseur bruyant et sale
Le laisseras-tu impuni ?
Jour de colère, poings qui se serrent ; à mort !

Mon fils, qu’as-tu fait de mon amour ?
Tes mots sont plein de haine
Ta colère t’aveugle, ta colère t’assourdit
Et tu cherches un coupable
Au milieu des victimes

N’y a-t-il d’autres combats à mener ?
Pense à ces vies qu’on sacrifie
Sur l’autel de la guerre
Sur l’autel du travail
Ne vois-tu pas ces dos douloureux
À force d’être courbés sur l’ouvrage ?
Ne vois-tu pas ces yeux vides
Ces ventres vides et ces vies vides ?

Que le drapeau multicolore
Étouffe ces salauds qui nous tuent
Que les croisés disparaissent
Que les orgueilleux se taisent
Que le militant renverse le militaire !

Et puis, calmement, résolument,
À force de marcher
Nous renverserons tous les jougs
Nous abrogerons les frontières

Jour de colère
Poings qui se serrent
Dressez-vous vers le ciel
Dissipez les nuages de la servitude.
Liberté !

De cette façon, le texte prend un peu de relief. Les choses sont moins assénées que précédemment et les interrogations sont nombreuses. Je pense que je réécrirai plus tard le «non credo» un peu dans la même optique.

Musicalement, ça prend forme. Le «fils» est incarné par un baryton vigoureux. Le chœur (la foule inconsciente) lui donne la réplique. Et puis, de façon surprenante, le mouvement à 3/8 refait une apparition. Lorsque la mère reprendra la parole, il faudra qu’elle change de stratégie pour se faire entendre. Il me reste à trouver comment ça se manifestera musicalement…