À propos

Ce blog est destiné à présenter au jour le jour la création d’une œuvre de musique classique contemporaine. Il s’agit d’un requiem athée.

Il existe pléthore de requiems liturgiques, qu’ils s’appuient sur le texte latin (Mozart, Verdi, Fauré) ou qu’ils fassent appel à des textes choisis par le compositeur (Brahms). Par contre, les requiems ouvertement athées sont beaucoup plus rares. Je n’en connais que deux : celui de Delius et celui de Kabalevski. Celui de Delius a été enregistré plusieurs fois (la partition est même disponible sur imslp) : pour ceux qui seraient curieux, je vous ai fait un article sur le sujet (avec des extraits musicaux). Par contre, je n’ai jamais pu entendre celui de Kabalevski…

Pour ce qui est de mon propre projet de composition, je m’appuie sur des textes originaux qui vous sont présentés sur ce site. Quant à la musique, elle est en cours de composition.

Un requiem athée, pourquoi ? Pour qui ?

Pendant très longtemps, le deuil et l’accompagnement vers la mort ont été des prérogatives religieuses, que le défunt soit croyant ou non. Ça ne fait que quelques dizaines d’années que les athées tentent de réinventer tant bien que mal une cérémonie solennelle, rassemblant la famille du défunt, ses amis, ses proches. Certaines parties de mon requiem (notamment le premier mouvement «Introït») devront répondre à ce besoin de rendre simplement hommage à celui qui n’est plus. Le reste du requiem se donne une ambition plus grande encore : celle de parler de la mort aux vivants ; celle de donner un sens à la fin de la vie.

Percevoir la mort comme un événement transitoire vers un ailleurs mal défini (paradis, résurrection) permet certes de s’épargner un peu d’angoisse. Mais quant à donner un sens à son passage sur Terre, c’est autre chose. Toute vie est finie, voilà ce qu’il faut affronter avec courage. Et ça a quelque chose de franchement désespérant pour tous ceux qui ne conçoivent pas leur vie comme un fragment d’une humanité qui les dépasse, comme un petit morceau de l’Histoire.

Ce requiem doit avoir cette fonction. Rappeler l’Homme à sa finitude. Lui rappeler que la vie est un bien délicat, précieux. Permettre à soi-même et à son prochain de vivre une vie meilleure, voilà quel devrait être le moteur de nos courtes existences. Et de fait, la partie commémorative du requiem est réduite à un unique mouvement (le premier). Une vie s’achève mais nous sommes encore vivants. Qu’allons-nous faire du temps qui nous reste ?

Pour en savoir plus, lisez les textes !

Qui suis-je ?

Mon nom est Denis Raffin. Si vous débarquez ici par hasard, vous ne me connaissez sans doute pas : je ne suis pas un compositeur connu. Et pour cause : je suis un compositeur amateur et je compose ici ma première grande œuvre. J’ai déjà composé quelques petites pièces (de 2 à 5 minutes), principalement vocales. J’ai été formé en conservatoire, de façon très classique (solfège, instrument, analyse, harmonie). J’ai aussi été formé à la direction de chœur et j’ai dirigé une chorale pendant quelques années. Occasionnellement, je prends aussi quelques cours de chant.

Logiciels et licences

Je n’utilise que des logiciels libres pour composer : Musescore et Ardour. Je ne sais pas si c’est plus limité que les gros logiciels commerciaux (et privateurs) car je ne les ai jamais utilisés. Et oui, je boude Lilypond et je m’en explique ici : L’orchestration, c’est parti !

Pour ce qui est de la licence de publication, c’est très simple : l’œuvre est dans le domaine public (texte et musique). Pour vous expliquer pourquoi je refuse d’entrer dans le système des droits d’auteur, je vous ai écrit un article sur le sujet.
CC0 Il s’agit de la licence CC-0, qui permet à l’auteur de renoncer à ses droits sur l’œuvre afin de l’élever au domaine public. Cette œuvre appartient donc à tous et à personne.

Me soutenir

Les messages d’encouragement sont bienvenus ! La composition est un processus lent et laborieux. Il en sort une œuvre qui ne sera peut-être jamais jouée… Vos encouragements me permettent de franchir les périodes de doute que je suis susceptible de traverser.

12 réflexions au sujet de « À propos »

  1. Bonjour,

    Félicitations pour votre projet et pour votre choix d’utiliser des logiciels libres et une licence libre !

    Pour le choix de la licence, vous pouvez envisager d’en utiliser deux la CC-By-Sa mais aussi la licence Art Libre qui est très proche : http://artlibre.org/
    Avoir deux licences augmente les possibilités de réutilisation.

    Bonne continuation.

    1. Merci pour vous encouragements. Je suis justement en train d’écrire un article pour expliquer pourquoi j’utiliserai une licence libre. La licence art libre est intéressante effectivement mais… je ne vois pas bien la différence avec les licences CC. On m’a aussi parlé de la possibilité de déposer l’œuvre directement dans le domaine public. Ça me semble intéressant mais je ne sais pas trop ce que ça implique comme conséquences (et comme démarches).

      1. bonjour, pour la licence art libre, son champ d’application est applicable en france, les cc non, je crois (à vérifier). bon courage pour la suite, félicitations

  2. Bonjour !
    Le requiem avance toujours mais très très lentement : je suis en train de voyager et c’est difficile de me replonger dans ce travail titanesque. Cependant, je continue à y penser régulièrement.
    Lorsque ce voyage sera fini (sans doute dans 4-5 mois), je m’y remettrai à plein temps. Il reste encore pas mal à faire :
    – finir le final (il manque 2-3 minutes de musique)
    – réécrire le 2ème mouvement (j’ai déjà commencé à revoir le texte en profondeur mais je n’ai rien de satisfaisant pour le moment)
    – orchestrer l’ensemble (en sachant que je n’ai encore jamais fait
    ça de ma vie…)
    Merci pour votre message !

  3. Vraiment beau son. gros potentiel derrière. j’ai hâte que tu termine ça !
    courage et continues comme ça. t’es sur une bonne voie.

    Bravo pour le choix de l’open data. c’est l’avenir.

  4. Bonjour Denis,
    Nous avions échangé sur Framasoft. J’apprécierais de poursuivre notre paisible discussion, d’échanger sur le foi en Dieu, ou le fait d’être athée, la vie terrestre, la vie après la mort.
    Je ne sais pas si cette page est adaptée, ou si vous préféreriez un échange par email.
    A bientôt,
    Nathanaël

    1. Bonjour Nathanaël,

      Je suis tout-à-fait partant pour qu’on développe un peu autour de ces thèmes, bien entendu. Et ça peut se faire ici, sans problème.

      Comme vous avez pu le constater en lisant les textes, mon requiem athée n’est pas une œuvre de propagande, destinée à «dé-convertir» les croyants. Mais le message transmis n’en est pas moins radical : c’est un appel au doute, au rejet de toute espérance et de toute immanence. C’est un appel fort à vivre nos vies de façon complète, en y intégrant la souffrance, la colère et la conscience que nous sommes éphémères. C’est aussi un appel à l’action, à la lutte. Et à chercher le bonheur activement.

      Si je ne me trompe pas, votre premier mouvement, lorsque vous avez découvert mon projet, a été un mouvement de surprise : comment peut-on ne pas croire en une vie après la mort ? Ce à quoi, j’ai répondu : et pourquoi devrais-je y croire puisque aucune preuve convaincante ne m’a été apportée de son existence ? Nous pourrions repartir de là si ça vous convient.

  5. Bonjour Denis, Quel plaisir d’écouter votre composition ! C’est par hasard que je suis tombée sur votre site. Consciente du travail que vous avez accompli, je vous encourage de tout mon cœur. Je suis sans cesse à la recherche de compositions nouvelles, m’interrogeant sur ce qui se fait actuellement, et là, je tombe sur quelque chose d’une très grande musicalité. Continuez, poursuivez, commencez une autre œuvre, pour vous-même et les autres…. Une pianiste amateur.

    1. Merci beaucoup pour ce petit message ! C’est ce genre d’encouragements qui m’aide à aller jusqu’au bout de ce long périple !
      Puisque vous anticipez sur la suite, je peux déjà vous garantir qu’il y aura d’autres œuvres par la suite et que je procéderai sans doute de la même manière.

    1. J’ai utilisé spotify pour l’écouter en entier (parce que sur qobuz, je n’ai le droit qu’à des extraits de 15 secondes, ce qui n’est pas terrible pour juger d’une œuvre…).
      Et effectivement, c’est très très intéressant ! Kabalevsky fait partie de ces compositeurs russes qui ont du se convertir au «réalisme soviétique» : faire de la musique simple qui parle aux prolétaires. N’empêche, ça donne une collection d’œuvres faciles à écouter, souvent faussement joyeuses et héroïques, souvent pleine d’amertume rentrée. Et riche de thèmes sentant bon la Russie profonde.
      Il y a de très belles pages dans ce requiem. Et notamment la 2ème partie dont les 4 mouvements sont magnifiques, avec ses longs solo d’alto. C’est vrai qu’il faut un certain temps pour s’habituer au son, vraiment pas fameux…

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