La barre des 5 minutes est passée !

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«A perdu un pétale» : minimalisme dans l’orchestration

Comme pour la phase d’ébauche, la barre des 5 premières minutes entièrement orchestrées est assez symbolique. L’auditeur a déjà de quoi rentrer dans l’ambiance et se faire une idée de là où le compositeur veut l’emmener. Normalement, à ce stade, on franchit un point de non retour : on ne peut plus arrêter l’écoute sans ressentir un peu de frustration.

Car en plus, je me suis évertué à peaufiner le rendu sonore de ces dernières mesures. Le solo de baryton est soutenu par des cordes en trémolo d’harmoniques, à peine entrecoupés par les doux appels du célesta. Et en passant, la ligne mélodique de ce solo a été remaniée en profondeur. Il faut dire que cette partie avait été déjà modifiée une première fois pour accueillir de nouvelles paroles. Elle était très dissonante, elle l’est désormais un peu moins. La dernière intervention du chœur est accompagnée par les instruments à anches doubles.

À la prochaine et bonne écoute !

-> Partition ici : 1er mouvement : Introït

-> Pour ceux qui veulent écouter directement l’export :

L’entrée du chœur est orchestrée !

Premier tutti du chœur
Premier tutti du chœur

Le chœur a fait son entrée et … tout s’est ralenti. Autant l’introduction avait été assez linéaire (j’orchestrais plus ou moins de deux mesures en deux mesures), autant les passages plus verticaux qui suivent m’obligent à procéder par couches successives : d’abord les cordes, puis les voix, puis les cuivres, puis les bois, puis les percussions. Tout le monde est là ? Oui ? Alors on passe à la suite. Et des fois, on constate en écrivant la suite qu’on n’a pas pensé à tout… Par exemple, il n’y a plus d’articulation dans les cordes à partir de la mesure 44 (les liaisons, les pointés, les lourés, etc.). Oubli qui sera corrigé au prochain passage.

Dans la phase d’ébauche, j’avais donné seulement 4 mesures au chœur pour faire son entrée. Dans un but de rééquilibrage, j’ai ajouté 4 mesures dans le même état d’esprit (sombre et contrapontique) avant l’entrée du baryton. Comme le tempo est lent, ça fait tout de même 20 secondes de plus, ce qui n’est pas négligeable ! Bon, je vais un peu raccourcir le solo de baryton qui suit, alors il se peut que le mouvement n’y gagne pas beaucoup…

Du point de vue sonore, le chœur fourni par ma nouvelle banque de sons (Sonatina Symphonic Orchestra) est à peine meilleur que le précédent ; je vous demande donc d’être indulgents avec le rendu sonore. Heureusement, les cuivres ne déçoivent pas ! Les roulements de timbales ne jouent pas jusqu’au bout de leurs notes. Pourquoi ? Mystère…

On écoute ça ici :

Et la partition se trouve sur la page de l’Introït.

Vite ! Un deuxième export !

Début de l'implacable accelerando
Début de l’implacable accelerando

Je me suis un peu emballé dimanche en postant mon premier export audio de l’orchestration du début du 1er mouvement. Ça n’était pas vraiment prêt… Ce deuxième jet est déjà nettement meilleur, en tout cas sur le plan sonore. Et, tant qu’à faire, j’ai poussé l’orchestration jusqu’à la fin de l’introduction.

Pour le moment, je trouve ça plutôt plaisant à faire, bien moins rébarbatif que je ne le pensais. Bien sûr, il faudra confronter cette partition à la réalité d’un orchestre afin de l’améliorer. Et puis, en la relisant, je me suis rendu compte de quelques maladresses. Comme par exemple du sous-emploi du basson… Le pauvre n’a qu’une intervention à jouer lorsque tous les autres se démènent… Il faudra que je revois ça !

Et pour la partition, comme toujours, vous la trouverez sur la page consacrée au mouvement.

L’orchestration, c’est parti !

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L’entrée des violons

Le temps de la réflexion est terminé : je passe à l’action et je mets les pieds dans le plat. Mais avant de placer la première note sur cette partition (quasi) définitive, il me faut faire quelques choix importants.

Instrumentation

D’abord, musicalement, il y a le choix de l’effectif. J’avais d’abord pensé à un orchestre essentiellement resserré sur son pupitre de cordes, en traitant toutes les autres interventions instrumentales de manière soliste. Un peu à la façon de Britten dans ses cycles de mélodies pour ténor (Nocturne, Sérénade et Illuminations). Mais, finalement, ces bonnes résolutions sont rapidement tombées et je ne résiste pas à la tentation d’une orchestration plus magistrale. Cependant, je m’impose deux limites.

  • D’abord, l’effectif est celui d’un orchestre symphonique «léger» : bois par deux (avec un contre-basson, une clarinette basse et un cors anglais tout de même) et cuivres en proportions modestes (seulement deux cors, deux trompettes, deux trombones et un tuba).
  • Ensuite, je me promets de faire la chose suivante : une fois que l’orchestration du premier mouvement sera terminée, je vérifierai que tout le monde a quelque chose d’intéressant à jouer. Si je constate que j’ai sous-utilisé un pupitre, je le supprimerai. Je ne ferai pas se déplacer des musiciens pour leur faire jouer des notes tenues, c’est promis.

Le choix du logiciel d’édition musicale

Ce choix est bien plus important qu’on ne le croit. Je me suis résolu à utiliser de nouveau Musescore, c’est-à-dire le même logiciel que pour mes ébauches. C’est un logiciel libre très pratique et facile à utiliser. Il est de type WYSIWYG («What You See Is What You Get» – «Ce que vous voyez est ce que vous obtiendrez»), c’est-à-dire qu’il affiche la partition immédiatement telle qu’elle apparaîtra au final. Sa limitation principale tient dans le fait que les collisions entre objets doivent être résolues par l’utilisateur. Dans les premières mesures, j’utilise une articulation en «louré» sur des portées divisées en deux voix (violoncelles et alti). Je vous laisse imaginer le temps que ça m’a pris pour que rien ne se percute.

À la suite de l’article sur Framablog, on m’a plusieurs fois interpellé sur le fait que je n’avais pas utilisé Lilypond, qui est un peu la rolls-royce dans l’édition musicale libre. Pour vous expliquer en quelques mots, il s’agit d’un langage de programmation qui produit des partitions impeccablement gravées. J’ai appris à l’utiliser lorsque je faisais des arrangements pour la chorale que j’ai dirigée quelques années à Aubervilliers (un exemple de rendu ici). Le rendu est absolument parfait et entièrement automatique. Problème : à utiliser, c’est beaucoup moins agréable (et visuel) que Musescore. Les puristes écrivent directement leur partition en lignes de code. Les autres utilisent des logiciels qui leur simplifient la tâche. J’ai tenté ma chance avec Denemo. Au bout d’une demi-douzaine d’heures de travail acharné à essayer de domestiquer ce dernier, je me suis rendu à l’évidence : si j’utilise ce logiciel, je vais perdre beaucoup de temps avec de la technique. Et ça risque de me détourner de l’essentiel : faire de la musique !

Bref, j’utilise Musescore et j’en suis heureux. N’est-ce pas l’essentiel ?

Le rendu sonore synthétique

Histoire de vous donner envie de continuer à me suivre dans cette étape plutôt technique, j’ai décidé de changer de banque de sons. Pour les ébauches, j’avais utilisé Crisis Soundfont 1.8. Je connais bien cette banque de sons, pour l’avoir utilisé pendant des années. C’est pratique, ça sonne moyennement mais ça fait la blague. La version 3.01 est beaucoup plus lourde et n’est pas beaucoup plus convaincante. Il était temps de changer de crèmerie.

Pour rester dans le libre et gratuit, je me suis tourné vers Sonatina Symphonic Orchestra. Comme vous allez l’entendre, le résultat sonore est bien meilleur. Mais il y a aussi des limitations :

  1. Les tenues des instruments à vent sont bien trop courtes ! On ne me fera pas croire qu’un clarinettiste ne peut pas tenir de notes plus longues que 3 secondes ! Du coup, il faudra que je trouve une ruse plus tard pour avoir des notes tenues dans ces pupitres.
  2. Il y a des notes vraiment laides : le si bécarre aigu de la flûte est spécialement vilain, ce qui fait désordre…
  3. Les tessitures instrumentales sont vraiment limitées, notamment dans l’aigu. Il y a donc des notes qui ne seront pas jouées, dans un premier temps.
  4. Il n’y a pas de jeux en trémolo dans les cordes ! Je triche en utilisant ceux d’une autre banque : Versilian Standards Chamber Orchestra (Community Edition). Qui, eux aussi sont très limités en tessiture !

Donc, le résultat n’est pas parfait est reste assez éloigné de ce que vous entendrez si l’œuvre est jouée pour de vrai. Mais, après tout, tant mieux, non ?

Arrête de parler et fais-nous voir (et entendre) ce que ça donne !

D’accord, d’accord, pas la peine de s’énerver. D’abord, vous trouverez tous les exports (pdf et sons) sur la page consacrée à l’Introït. Mais pour être sympa, cette fois-ci, je vous mets directement les documents dans l’article :

Bonne écoute !