Calme révolte

mais je me relève
À l’orchestre, reprise des deux premières mesures du mouvement, légèrement transformées.

La sobriété du matériau musical utilisé pour ce mouvement a une conséquence que je n’attendais pas : sur la durée, on a l’impression d’une certaine circularité de la forme. Les motifs se répètent, mais jamais à l’identique. Ce qui crée la sensation qu’ils sont constamment réécrits, jamais présentés dans leur état définitif. J’avais peur de lasser l’auditeur mais finalement je pense pouvoir l’accrocher, l’enivrer, le retenir captif de ces rythmes sans cesse ressassés.

Néanmoins, le travail de réduction du texte s’est encore poursuivi ces derniers jours. La dernière intervention du chœur a été réécrite : sa dernière mise en garde concerne l’incertitude. Ce que la foi, l’espoir, le dogme bannissent par dessus tout. Ainsi sont énoncés par le ténor les deux vertiges existentiels de l’Homme libre : sa douleur et son doute. Le mouvement se termine par un message qui m’est personnel, il est normal que le ténor seul le chante et que le chœur se taise. La piste que je suggère est une parmi d’autre. Que d’autres voix s’y agrègent et je serai confirmé dans mes choix. Mais il ne faut forcer personne.

Il me reste donc à écrire le monologue final. Je m’arrête aujourd’hui après les premiers mots du ténor «Je trébuche mais je me relève», ce qui m’évitera de démarrer face à une page blanche demain…

Pour écouter le mouvement en cours de composition :

Et pour télécharger la partition : voir la page du 2ème mouvement.

Rien ne se perd, tout se transforme

"Et me fait Homme"
« Et me fait Homme »

Il y avait dans la première mouture de ce deuxième mouvement un passage que j’affectionnais particulièrement : l’impétueux solo de ténor, au début de la partition. Dans la nouvelle version, la révolte du ténor arrive bien plus tard mais l’esprit reste le même. J’ai simplement fait un copier-coller de ce passage dans la nouvelle partition. Puis j’ai écrit une courte transition et j’ai modifié la partie du ténor pour lui faire chanter les nouvelles paroles. C’est d’ailleurs troublant d’entendre comme les paroles «et me fait Homme» tombent parfaitement sur la modulation des mesures 132 et 133. Mais la musique que j’avais écrite ensuite ne peut plus épouser le nouveau texte : l’adaptation s’arrête là.

J’ai supprimé deux strophes du texte, celles qui faisaient référence au jugement par une autorité supérieure. Pour deux raisons. D’abord parce que ça réduit la critique aux religions monothéistes. Or je préfère dénoncer la croyance (et son bras armé : l’espoir) sous un aspect plus général. Ensuite parce que je trouve que cette première partie est déjà assez longue comme ça : 7 minutes, c’est déjà beaucoup ! Pas de regrets : ce début de mouvement s’appuie sur un matériau thématique finalement assez restreint et j’ai l’impression de l’avoir suffisamment exploité.

De même, il est bien possible que le dernière échange entre le chœur et le ténor (autour de la peur de l’inconnu) soit aussi réécrit : c’est un peu long tout ça. Afin de maintenir un certain équilibre entre les mouvements, je préférerai ne passer dépasser 12 minutes de musique. Or j’en suis déjà à plus de 8’20 »… Pour mémoire, mon précédent jet atteignait déjà 10’12 »…

Pour écouter la chose, comme d’habitude :

  • soit le lecteur intégré :
  • soit la page du Non Credo (pour télécharger la partition, notamment)