4ème mouvement : «et tu cherches un coupable au milieu des victimes»

La première partie de ce mouvement (la partie la plus sombre) est terminée. Ça s’écoute sur la page idoine, comme d’hab !

Vacances obligent, j’ai beaucoup plus de temps pour composer et j’avance un peu tous les jours (environ 2 heures de travail quotidiennes). Quoi de neuf dans cette dernière livraison de musique ? D’abord, la reprise du thème initial se finit en catastrophe, sans solution de continuité. La soprane reprend la parole et la musique prend progressivement la forme d’une marche funèbre.

La suite devra prendre une direction différente. La supplique de la soprane («n’y a-t-il pas d’autres combats à mener ?») et la dénonciation des vies gâchées – que ce soit par la guerre ou par le travail – ne doivent pas tomber dans le larmoyant mais, au contraire, déboucher sur des perspectives de résistance collective. La musique devra sans doute se faire plus sensuelle, avec des barres de mesure et des pulsations moins structurantes. Ce passage devra montrer que même la musique peut progressivement se libérer !

4ème mouvement : du nouveau !

Pas mal de nouveautés dans ce 4ème mouvement ! D’abord, le texte a été profondément remanié :

Jour de colère !
Poings qui se serrent !

Homme, vers quels ennemis diriges-tu tes pas ?

Un mort aujourd’hui
N’est-ce pas déjà trop ?

Mère, il est là l’ennemi
Ne le vois-tu pas
Assassin, voleur, vagabond
Ne le vois-tu pas
Salir mon nom, salir mon pays
À notre porte, l’envahisseur bruyant et sale
Le laisseras-tu impuni ?
Jour de colère, poings qui se serrent ; à mort !

Mon fils, qu’as-tu fait de mon amour ?
Tes mots sont plein de haine
Ta colère t’aveugle, ta colère t’assourdit
Et tu cherches un coupable
Au milieu des victimes

N’y a-t-il d’autres combats à mener ?
Pense à ces vies qu’on sacrifie
Sur l’autel de la guerre
Sur l’autel du travail
Ne vois-tu pas ces dos douloureux
À force d’être courbés sur l’ouvrage ?
Ne vois-tu pas ces yeux vides
Ces ventres vides et ces vies vides ?

Que le drapeau multicolore
Étouffe ces salauds qui nous tuent
Que les croisés disparaissent
Que les orgueilleux se taisent
Que le militant renverse le militaire !

Et puis, calmement, résolument,
À force de marcher
Nous renverserons tous les jougs
Nous abrogerons les frontières

Jour de colère
Poings qui se serrent
Dressez-vous vers le ciel
Dissipez les nuages de la servitude.
Liberté !

De cette façon, le texte prend un peu de relief. Les choses sont moins assénées que précédemment et les interrogations sont nombreuses. Je pense que je réécrirai plus tard le «non credo» un peu dans la même optique.

Musicalement, ça prend forme. Le «fils» est incarné par un baryton vigoureux. Le chœur (la foule inconsciente) lui donne la réplique. Et puis, de façon surprenante, le mouvement à 3/8 refait une apparition. Lorsque la mère reprendra la parole, il faudra qu’elle change de stratégie pour se faire entendre. Il me reste à trouver comment ça se manifestera musicalement…