Non credo : quand la raison apaise les passions

Plus d’une minute de musique supplémentaire à écouter sur la page du Non credo !

La mise en musique de la phrase «il n’est de lumière plus forte que celle de la raison» m’a demandé un peu de réflexion. Je pensais au départ déboucher dans l’aigu sur un accord majeur (la lumière !). Mais ça me semblait un peu naïf. Du coup, on débouche sur un accord plus complexe et le discours s’apaise rapidement – sans perdre de sa richesse harmonique. Le message est simple : contrairement aux religions, la raison ne crée pas d’évidences, pas de vérités révélées. Le scientifique que j’ai été le sais bien : aucun résultat n’est définitif ni universel et la vérité se découvre à tâtons. Mais n’empêche ! L’usage de la raison nous permet de dépassionner la réflexion et de prendre du recul. Voilà pour le sens de ces quelques mesures.

Je sais qu’il s’agit de la phrase qui m’a été le plus contestée. Et pourtant, c’est capital qu’elle figure dans ce requiem. Combien de vies pourraient être épargnées en usant un peu plus de la raison !  On y substitue bien trop souvent des règles inquestionnables – respect des traditions, de la religion, de la famille, de l’honneur –  que, faute de pouvoir les défendre par des mots, on défend par du sang versé. Je sais bien que la morale s’ancre en nous de manière intuitive (même le plus imbécile sent que c’est mal de tuer) mais les passions peuvent être parfois si fortes qu’elles mettent la morale entre parenthèse. Seule la raison permet d’éviter à notre civilisation de sombrer dans la barbarie.

Après quelques mesures légèrement erratiques, le ténor reprend la parole, soutenu par le chœur. Ce sera le premier passage entièrement a capella de mon requiem !

Lentement mais sûrement

Ça faisait longtemps que je n’avais pas ajouté quelques mesures à mon requiem. En vous rendant sur la page du 2ème mouvement (Non Credo), vous y découvriez un peu de musique fraîchement composée (environ 30 secondes de plus).

J’exagérerai en disant que c’est le passage le plus difficile à composer. Une basse arpégée, des mesures qui se répètent quasiment à l’identique, peu de nuances : rien de révolutionnaire ici. Mais ça a quand même le mérite d’être efficace et de permettre un beaucoup solo pour les hommes du chœur.