Non credo : 32 premières mesures

Tout excité par le fait d’avoir fini un mouvement, j’ai décidé de me lancer tête baissée dans le 2ème. Comme pour le premier, vous pourrez suivre ma progression sur cette page : 2ème mouvement «Non credo»

D’abord, j’ai commencé par retoucher le texte. Désormais, tout le début du mouvement est à la première personne. Du point de vue philosophique, c’est la partie la plus importante. Je ne suis pas la marionnette d’un dieu quelconque, non ! «Je suis ce que je fais». L’utilisation du «je» renvoie à la responsabilité personnelle de mes actes, de l’utilisation que je fais de la liberté qui m’est confiée.

Il y a ici un piège dans lequel je ne souhaite pas tomber. Ce que j’énonce ici ne vaut pas pour argument d’autorité et mérite discussion. Dans la messe chrétienne, le «credo» est affirmé avec force pour empêcher tout doute de s’insinuer dans le croyant. Mon «non credo» doit prendre le contre-pied de cette manière de faire. Après une mesure de colère (thème nº4), l’orchestre entame une méditation sombre et sinueuse. Ne pas croire nous oblige à douter et, ici, la musique semble douter.

Puis, le ténor affirme sa «non-croyance» calmement. Et rapidement la lumière se fait et le doute cède la place à l’exaltation. Comme d’habitude, je m’arrête en plein milieu d’un moment de forte tension ; ça me donnera plus facilement envie de retourner à l’ouvrage.

PS : Personne n’a rien dit à propos du final du premier mouvement… snif… Ça vous plaît ou pas ?

L’Introït est fini !

Grosse avancée de l’introït ces derniers jours ! Tout le mouvement est donc ébauché1.

Pour l’écouter :

L’Introït en entier !

Après quelques légers aménagements des mesures composées la semaine dernière, j’ai ajouté une nouvelle intervention du baryton («que ton souvenir soutienne nos pas»). La phrase est conçue pour déséquilibrer un peu la pulsation. Le piano fait entendre des rythmes syncopés et l’ensemble est légèrement ralenti à la mesure 123. Du coup, la reprise du thème nº5 (lever de soleil) constitue une petite surprise. Tout se stabilise alors immédiatement et le chœur répète la phrase du baryton à plein poumons. Harmoniquement, on est un peu moins perdu : la majeur éclatant à la mesure 128, mi bémol majeur impérieux à la mesure 132, si bémol majeur héroïque à la mesure 137, etc.

D’ailleurs, le retour du si bémol (l’Introït commence avec cette note) me permet de reprendre quelques éléments de l’introduction, histoire de boucler la boucle. Les basses font entendre le thème du coucher de soleil (thème nº3) et le temps se dilate.

Finalement, ça m’a pris trois mois pour esquisser ce premier mouvement et il dure environ 8’30 ». Et il sonne pas trop mal, non ?

À l’origine, il y a avait le requiem de Delius

Dire que je serai le premier à avoir écrit un requiem athée serait pour le moins erroné. Il en existe quelques uns qui nous viennent de la Russie soviétique mais les enregistrements font défaut. Par contre, celui de Frederick Delius est un peu mieux connu et il a même été enregistré deux fois. Pour en savoir plus sur sa genèse et son auteur, je vous invite à consulter la page wikipédia.

Je me contenterai de vous faire découvrir ici quelques extraits du texte qu’il a coécrit avec Heinrich Simon et, surtout, de vous faire entendre sa musique. Tous les extraits sont tirés de l’enregistrement de Richard Hickox1.

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Le début de la fin de l’Introït

Après deux semaines de silence, voici quelques mesures de plus dans l’Introït.

Finalement, comme je l’avais prévu, j’ai tout repris à zéro après la mesure 110 («Nous cheminerons sans toi maintenant»). Le chœur est d’une calme résolution et plane au dessus d’un orchestre quelque peu agité. L’harmonie peine à se stabiliser. Je sens qu’il va falloir que je réutilise une pédale pour calmer tout ça.

Les trois derniers vers seront dit d’une seule coulée, sans répétition. Le thème du lever de soleil va bientôt faire sa réapparition et contaminer tout l’orchestre. Il me reste donc assez peu de musique à composer (environ une minute).